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Archive for chroniques

UNE, chroniques

30 04 2013

Franck Salaün, Besoin de fiction. Sur l’expérience littéraire de la pensée et le concept de fiction pensante. Nouvelle édition revue et augmentée. Hermann, printemps 2013, 117 pages, 15 €; ISBN : 978-2-7056-8702-1.

« Ce qui est bon est deux fois bon s’il est court » écrivait au XVIIe siècle le jésuite Baltasar Gracián, dans son traité de L’Homme de Cour. Conformément à ce principe d’économie discursive, l’essai aussi enlevé que substantiel dont il sera question ici ne compte qu’une centaine de pages. Il y est question de la fiction comme mode de la pensée. Non pas comme relais d’un savoir, instrument d’une pédagogie ou allégorie d’une idée, ni même comme polyphonie d’énoncés plus ou moins philosophiques, mais seulement comme œuvre de l’esprit en tant qu’il conduit avec lui-même ce dialogue intime du penser réfléchissant qui semble bien être le propre de l’homme, pour autant qu’il s’y exerce.

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4 04 2013

Christian Prigent, L’Archive e(s)t l’œuvre e(s)t l’archive, Supplément à la Lettre de l’IMEC, coll. "Le Lieu de l’archive", hiver 2012, 32 pages.

A l’occasion du dépôt de ses archives à l’Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine (IMEC), Christian Prigent a écrit cet opuscule qui permet de faire le point sur sa fabrique scripturale comme sur son rapport à la Bibliothèque et à la critique génétique : après le volume Christian Prigent, quatre temps, voici donc le deuxième volet de la réouverture pour inventaire. De quoi s’agit-il ? Celui qui n’a jamais fait part du moindre intérêt pour la question des archives distingue trois types de documents : un dossier lacunaire comprenant brouillons et états divers de ses manuscrits ; les archives dites "familiales" (photos d’enfance et lettres essentiellement) ; des archives sonores et textuelles concernant les avant-gardes et les écritures expérimentales depuis les années 70 (cassettes audio, revues, affiches et programmes de multiples manifestations et colloques…), auxquelles s’ajoutent un ensemble étiqueté "socio-politique", qui témoigne du contexte des années 50-60 et des activités paternelles au sein du PC. Nous attend une surprise de taille : celui qui a fait son entrée dans le champ littéraire en un temps qui proclamait la mort de l’auteur n’est pas prêt à renoncer aux privilèges de l’auctor.

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3 04 2013

On appréciera la façon dont Jean-Nicolas Clamanges rattache l’actuel à l’intemporel dans un texte qui relève de la réécriture éclairante

À propos de BASHÔ : OKU NO HOSO-MICHI, L’ÉTROIT CHEMIN DU FOND.Texte bilingue. Introduction, traduction, notes et commentaires par Alain Walter. William Blake & Co. Édit., 2007, 30 euros.

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30 03 2013

"La critique ne doit, ne peut même se limiter à parler des livres ;
  à son tour, elle se prononce toujours sur la vie."

"Ne nous leurrons pas, notre jugement ne découlera pas de notre savoir :
celui-ci nous servira à restituer la voix de l’autre, alors que la nôtre
trouve sa source en nous-même, dans une responsabilité éthique assumée"
(Tzvetan Todorov, Critique de la critique, Seuil, 1984, p. 190 et 187).

" Faudrait-il tout gober, rejoindre le troupeau des consommateurs, soutenir aveuglément la rentabilité, louer de pseudo-petits-maîtres et contribuer à la déperdition de culture ? " En ces temps d’anomie, telle est la question que doit se poser avec Micheline B. Servin tout lecteur qui s’interroge encore sur la notion de "valeur esthétique", et donc a fortiori celui qui s’adonne à cette activité à propos de laquelle Tzvetan Todorov affirmait d’emblée dans Critique de la critique qu’elle " n’est pas un appendice superficiel de la littérature, mais son double nécessaire (le texte ne peut jamais dire toute sa vérité) " (Seuil, 1984). En ces temps hypermodernes qui voient le règne des "graphomanes entoilés" (Antoine Compagnon) et d’un fantasme de communication directe des œuvres avec le public, et où triomphe une publicité diablement efficace – fournissant "un conditionnement attrayant, un service commercial combatif, [...] une politique de prix agressive et une mise en rayon de grande envergure" (William Marx, "Critique littéraire et critique yaourtière") -, à quoi bon la critique, en effet ? Les critiques vont-ils céder le pas aux animateurs ? De fait, le plus inquiétant est le brouillage des frontières : ""Qu’il y ait une fiction de divertissement et une fiction littéraire, cela ne pose pas de problème. Mais qu’on désigne comme littéraire ce qui est du pur divertissement et qu’on passe sous silence ce qui est littéraire, c’est au mieux de la paresse, au pire une forme de collaboration avec la domination capitaliste" (Thierry Guichard).

Par ailleurs, pour qui les critiques écrivent-ils aujourd’hui ? Si, dans les années 70, la réponse à la question "Que doit faire la critique ?" paraissait évidente – devenir une science, comme l’avançait Northrop Frye -, qu’en est-il en cette deuxième décennie du XXIe siècle ? C’est dire à quel point s’avère stimulant le numéro spécial des Temps Modernes que, une trentaine d’années après l’ouvrage de Todorov, coordonne Jean-Pierre Martin : le pluriel du titre renvoie à la grande diversité des perspectives classées en quatre parties ("Diagnostics", "Affects", "Approches" et "Enjeux").

Les Temps Modernes, Gallimard, n° 672 : "Critiques de la critique", janvier-mars 2013, 256 pages, 20,50 €. [Disponible de mi-février à mi-avril dans les points de vente habituels ; après, commandable à l'éditeur]

► Sur Libr-critique : "Libr-critique.com dans l’espace littéraire numérique. Notes (auto)réflexives" ; "De la critique et de la fonction critique en terrain miné" ; "De la critique en terrain miné. Dialogue avec Pierre Jourde".

[Suite de la chronique ci-dessous, en trois temps : "Crise de la critique ?", "Des trois critiques aujourd'hui" et "Au risque de la critique..."]

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Livres reçus, News, UNE, chroniques

13 03 2013

À l’occasion de la rencontre poétique organisée dans le cadre du Printemps des poètes par Philippe BOISNARD et Hortense GAUTHIER le vendredi 15 mars 2013 au Centre DATABAZ (100, rue de Gond 16 000 Angoulême), découvrons le dernier roman de Daniel FOUCARD, l’auteur de Civil : NUDISM (Inculte). [Autres invités, que l'on apprécie sur LIBR-CRITIQUE : Patrick BOUVET et Cécile MAINARDI]

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7 03 2013

Eric Chevillard, L’Autofictif croque un piment, éditions de l’Arbre vengeur, 2013, 256 pages, 15 euros, EAN 13 : 9-782916-1419-61.

"Voici L’autofictif, un recueil de citations prédécoupées, obligeamment servies à l’étudiant et au critique sans le contexte romanesque molasse, filasse et gluant duquel ils doivent ordinairement les extraire" (L’Autofictif voit une loutre, 2010, p. 212).

"Or ce n’est pas parce que tes livres ont peu de lecteurs que ceux-ci constituent indubitablement la super élite de l’humanité" (L’Autofictif croque un piment, p. 204).

A chacun sa chimère… Celle que porte l’écrivain a au moins le mérite de ne pas être illusoire et d’exister sur le même mode que le réel – c’est-à-dire du moindre-être… Ainsi Eric Chevillard poursuit-il son chemin, notamment sur la Toile, avec le même esprit de malice et d’autodérision – comme en témoigne l’exergue. Depuis septembre 2007, celui qui possède désormais son site et tient son blog autofictif prend en effet un malin plaisir à capter et capturer quotidiennement sur et dans la Toile les flux intérieurs comme les flux extérieurs : captivé/captivant, piégé/piégeur le spiderwriter…

Si le cinquième tome de son Autofictif, malgré son titre, est sans doute moins pimenté que les précédents (L’Autofictif voit une loutre en 2010, L’Autofictif père et fils en 2011 et L’Autofictif prend un coach en 2012) et surtout le premier (L’Autofictif, 2009), il ne nous en offre pas moins de subtiles épices humocritiques.

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1 03 2013

Ilse & Pierre GARNIER, Poésie spatiale. Une anthologie, préface d’Isabelle Maunet-Saillet, éditions Al dante, hiver 2012-2013, 656 pages, 32 €, ISBN : 978-2-84761-840-2.

"Le mot n’existe qu’à l’état sauvage. La phrase est l’état de civilisation des mots" ("Manifeste pour une poésie nouvelle, visuelle et phonique", 1962, p. 73).

"L’activité du poète rejoint celle du savant et de l’astronaute dans la découverte d’une esthétique linguistique et d’un langage commun à toute l’humanité" (p. 195).

Après la publication du tome 3 des Œuvres poétiques (1979-2002) de Pierre Garnier (éditions des Vanneaux, 2012) et aux deux volumes que l’on doit à Philippe Blondeau (Ilse Garnier, Jazz pour les yeux, anthologie 1962-2009, L’Herbe qui tremble, 2011 ; La Poésie au carrefour des langues, Actes du colloque international sous la direction de Ph. Blondeau, Artois Presses Université, 2010), voici "une anthologie étoilée", rien moins que la somme incontournable que tout amateur de poésie doit avoir dans sa bibliothèque – et ce pour un prix abordable. Pensez donc, la seule préface d’Isabelle Maunet-Saillet compte une soixantaine de pages ; suivent la totalité des textes programmatiques (manifestes et plans-pilote) signés par Pierre Garnier seul (né en 1928) ou avec Ilse (née en 1927), et un ensemble important de poèmes publiés entre 1962 et 2012 (cinquante ans de vie poétique pour le couple !).

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20 02 2013

À l’occasion de la rencontre avec Iegor GRAN ce jeudi 21 février à la Maison Louis Guilloux de St Brieuc, Libr-retour sur son dernier livre, L’Ecologie en bas de chez moi (P.O.L, 2011 ; Folio, 2012) : quels sont les dessous de la vogue verte ? en quoi l’autofiction est-elle auto-bio ? critique et subversion sont-elles rigoureusement et totalement synonymes ? Telles sont quelques-unes des questions que pose ce texte plutôt drôle et décapant.

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14 02 2013

Mon ami Jean-Louis Fidenza est décédé en mai dernier ; dans ses papiers manuscrits j’ai trouvé cela dédié à Jean-Michel Espitallier, c’est brut de décoffrage, probablement incomplet, voire inachevé, il ne me paraît pas incongru de le livrer comme tel, pour Jean-Michel et en mémoire de Jean-Louis (Jean-Marc Baillieu).

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1 02 2013

Qu’est-ce que tu vas lire toi ? Tu me le montres un peu à l’avance, t’en as une copie sur toi que je voie ? C’est en répèt, dans un studio insonorisé, lourde porte épaisse fermée. Je l’observe, il visse des trucs, ajuste son siège accroupi, ça va vite, il s’assied, jambes écartées, choisit ses baguette, il a la tête un peu détournée, le buste droit, prêt à s’écouter, saisir quelque chose, une puissance qui se formerait en lui et qu’il s’agirait de (re-)capter, comme s’il fine-tunait la radio, jusqu’à choper la bonne fréquence de lui, son instrument, ses avant-bras, son jeu démarre là.

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