[Entretien] Charles Pennequin par Sylvain Courtoux

Long et passionnant entretien de Charles Pennequin par Sylvain Courtoux. [extrait 1ère question] : "1. Charles, pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? Je suis né à Cambrai dans le Nord en 1965. J’écris des textes qui ressemblent parfois à ceux publiés par P.O.L (bibi) ou par Al Dante (Dedans). Il m’arrive d’écrire des poèmes en vers (Bine, chez le Corridor Bleu, ou Le père ce matin, chez Carte Blanche). Beaucoup disent qu’ils ont du mal à lire mes poèmes. Cela m’étonne, parce que pour moi c’est comme ça que je vois l’écriture. Je pense qu’il faut lire Céline, les proses de Beckett, le journal de Nijinski, la graphomanie de Parant, le verbe de Novarina, et on comprendra peut-être un peu mieux après. Mais il faut faire ce travail là, cette traversée (Rabelais ! Proust ! – que j’ai pas encore lu cela dit !), et on ne peut guère la faire pour lui (le lecteur). Faudrait-il lire ce que j’ai lu pour me lire (les écrits bruts, un peu d’Ernst Jandl, de Maurice Roche, du Corbière, beaucoup de Prigent, une pincée de Gertrude Stein…), ce qui m’a intrigué, attiré, repoussé, laissé sur le carreau (l’effet Cadiot, époque « Art poétic’ », l’épaisseur feuilletée d’un Hubert Lucot, la beauté complexe d’un vers de Philippe Beck, le cut-up de Burroughs…) ? Et comment lire ça ? Comment j’ai touché ça de la vue ? Comment j’ai senti physiquement le corps écrit d’Artaud, par exemple ? Qu’est-ce qu’on fait comme expérience, quand on découvre tout ce petit monde ?" Lire la suite