UNE, chroniques
30 03 2013
"La critique ne doit, ne peut même se limiter à parler des livres ;
à son tour, elle se prononce toujours sur la vie."
"Ne nous leurrons pas, notre jugement ne découlera pas de notre savoir :
celui-ci nous servira à restituer la voix de l’autre, alors que la nôtre
trouve sa source en nous-même, dans une responsabilité éthique assumée"
(Tzvetan Todorov, Critique de la critique, Seuil, 1984, p. 190 et 187).
" Faudrait-il tout gober, rejoindre le troupeau des consommateurs, soutenir aveuglément la rentabilité, louer de pseudo-petits-maîtres et contribuer à la déperdition de culture ? " En
ces temps d’anomie, telle est la question que doit se poser avec Micheline B. Servin tout lecteur qui s’interroge encore sur la notion de "valeur esthétique", et donc a fortiori celui qui s’adonne à cette activité à propos de laquelle Tzvetan Todorov affirmait d’emblée dans Critique de la critique qu’elle " n’est pas un appendice superficiel de la littérature, mais son double nécessaire (le texte ne peut jamais dire toute sa vérité) " (Seuil, 1984). En ces temps hypermodernes qui voient le règne des "graphomanes entoilés" (Antoine Compagnon) et d’un fantasme de communication directe des œuvres avec le public, et où triomphe une publicité diablement efficace – fournissant "un conditionnement attrayant, un service commercial combatif, [...] une politique de prix agressive et une mise en rayon de grande envergure" (William Marx, "Critique littéraire et critique yaourtière") -, à quoi bon la critique, en effet ? Les critiques vont-ils céder le pas aux animateurs ? De fait, le plus inquiétant est le brouillage des frontières : ""Qu’il y ait une fiction de divertissement et une fiction littéraire, cela ne pose pas de problème. Mais qu’on désigne comme littéraire ce qui est du pur divertissement et qu’on passe sous silence ce qui est littéraire, c’est au mieux de la paresse, au pire une forme de collaboration avec la domination capitaliste" (Thierry Guichard).
Par ailleurs, pour qui les critiques écrivent-ils aujourd’hui ? Si, dans les années 70, la réponse à la question "Que doit faire la critique ?" paraissait évidente – devenir une science, comme l’avançait Northrop Frye -, qu’en est-il en cette deuxième décennie du XXIe siècle ? C’est dire à quel point s’avère stimulant le numéro spécial des Temps Modernes que, une trentaine d’années après l’ouvrage de Todorov, coordonne Jean-Pierre Martin : le pluriel du titre renvoie à la grande diversité des perspectives classées en quatre parties ("Diagnostics", "Affects", "Approches" et "Enjeux").
Les Temps Modernes, Gallimard, n° 672 : "Critiques de la critique", janvier-mars 2013, 256 pages, 20,50 €. [Disponible de mi-février à mi-avril dans les points de vente habituels ; après, commandable à l'éditeur]
► Sur Libr-critique : "Libr-critique.com dans l’espace littéraire numérique. Notes (auto)réflexives" ; "De la critique et de la fonction critique en terrain miné" ; "De la critique en terrain miné. Dialogue avec Pierre Jourde".
[Suite de la chronique ci-dessous, en trois temps : "Crise de la critique ?", "Des trois critiques aujourd'hui" et "Au risque de la critique..."]
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Sans ascenseur ni renvoi d’ascenseur, c’est assurément au Monte-en-l’Air que se déroule l’événement parisien de la semaine : notez bien la soirée Al dante de samedi prochain (revue Attaques ; Bernard Desportes, Jérôme Bertin, Amandine André et Oscarine Bosquet). Soirée mondaine ? Vous en jugerez après avoir lu notre UNE.
12-14 octobre à Paris (Espace des Blancs-Manteaux, 48 rue Vieille-du-Temple 75004), 22e Salon de la Revue. A cette occasion paraît le 22e et dernier numéro de la revue Fusées ainsi que le n° 48 de la Revue des revues, avec notamment un Hommage à l’ex-doyenne revue de poésie, Action poétique. Dès demain soir, deux rendez-vous à ne pas manquer : avec Europe, qui fête son 1000e numéro, et 

pas tant une apologie totalement explicite du crime, mais, dans la plus pure tradition de l’extrême-droite, un pamphlet xénophobe contre la décadence de l’Europe. L’indignation suscitée dans le champ littéraire comme dans le champ du pouvoir, notamment parmi les autres auteurs de la vénérable maison d’édition – dont le prix Nobel
Dumitru Tsepeneag, Le Camion bulgare, trad. Nicolas Cavaillès,
Comme premier volet du diptyque consacré à 
Le festival a eu lieu en janvier 2007 à La Malterie à Lille avec Emmanuel Rabu, Sylvain Courtoux, Michel Giroud, Philippe Boisnard, Hortense Gauthier, etc. En cliquant vous accédez à toutes les vidéos.
Le festival a eu lieu en juillet 2007 à Périgueux. Nombreuses lectures [Veinstein, Blaine, Cadiot, etc] et interviews. En cliquant vous accédez à toutes les vidéos.
Le festival a eu lieu en février 2007 à Limoges. Cela marquait le renouveau d'Aldante. En cliquant vous accédez à toutes les vidéos.
Le festival a eu lieu en mai 2007 à Paris. Festival international qui était pour la première fois organisé en France. En cliquant vous accédez à toutes les vidéos.
[Présentation de Libr-critique]






