[chronique] La République Mondiale des Lettres par Philippe Boisnard et Hortense Gauthier

[chronique] La République Mondiale des Lettres par Philippe Boisnard et Hortense Gauthier

juin 2, 2006
in Category: chroniques
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La RML, ambition ou prétention !

[mise à jour : Cet article a été écrit suite à la proposition faite à PHilippe Boisnard d’écrire sur le site de la RLM. Au vue de la réaction de Samuel Lequette à notre article, nous comprenons de moins en moins où il veut en venir avec sa notion de Droopy. Cela devient de plus en plus doublement paradoxal]

Nous venons de découvrir le site de la RLM de Samuel Lequette et Delphine Le Vergos. D’emblée ce site affiche son ambition démesurée — tout à la fois (nous l’espérons) ironique sans pourtant se détacher d’un certain sérieux — : « être un territoire de création et l’observatoire d’un monde fictionnel et artificieux : la grande fabrique de l’universel littéraire« .
Il y aurait immédiatement de quoi rire à analyser cette déclaration, classique dans son genre, tellement elle a imprégné les créations de revues aussi bien classiques que d’avant-gardes. En effet comme nous le rappelle Fernand Divoire dans Introduction à l’étude de la stratégie littéraire écrit en 1912, pour commencer et faire parler de soi, rien ne vaut l’emphase universaliste et de l’autre la polémique et l’attaque afin de se faire 1/ des ennemis ; 2/ des amis. Et comme Jean-Michel Espitallier le dit si bien, les amis des amis de mes ennemis sont mes ennemis. Et ceci vaut réciproquement et dans tous le sens.
Commençons par son éditorial, disparu semble-t-il de sa page d’accueil, mais conservé sur Poézibao : les deux protagonistes de cette RLM déclarent que chez eux, il s’agit bien d’une République et que l’on y trouve « des citoyens visibles et invisibles, des révoltés et des révolutionnaires, des excentriques et des excentrés, des hommes traduits et des voleurs de feu », etc… Oui République quand tu nous tiens tu ne nous lâches pas…. On se croirait bien en première République, à l’heure où ce qui ressort du politique et des enjeux littéraires tient davantage des contradictions de la démocratie que de l’emprunte d’une posture d’Etat. Non, la littérature n’est pas républicaine, comme nous l’avons déjà mentionné à l’instar de Derrida, il semblerait plus qu’à travers elle se perpétue la question de la démocratie.
C’est ainsi qu’ouvrant la guillotine, dans son article de L’effet Droopy en poésie contemporaine française, ils distribuent gifles et sentences, guillotinent des auteurs sans noms, crachent et vilipendent des sites sans adresses et se lamentent d’un milieu littéraire dont semblerait-il ils seraient ravi de faire partie ou bien encore d’en détenir le critère de vérité.
Ce qui apparaît là n’est pas le moindre des paradoxes : ils critiquent le côté rapide des textes, des analyses, pour eux-mêmes se réfugier dans des notules peu développées et surtout des références (que l’on perçoit dans leur lien…. tiens nous y sommes nous aussi…) qui en feront sourire plus d’un : Sitaudis, animé par Pierre Lepillouer (que nous saluons à l’occasion) serait l’une « des meilleures revues en France depuis TXT « (pour le monde, à n’en pas douter, il faudra attendre la RML)… Soit les auteurs ne connaissent pas TXT, soit ils n’ont jamais lu Sitaudis… Voire peut-être qu’ils méconnaissent les deux. dans tous les cas, connaissent-ils derrière leur présomption et leur superlatif, le champ des revues contemporaines françaises pour ne citer que celles-ci : Action Poétique, Doc(K)s, Tarte à la crème, Java, Fusées, Tija, Ralentir travaux, Quaderno, la RLG, etc…
S’ils dénoncent le copinage et le phénomène de réseaux, ils souscrivent eux-mêmes à cette loi en publiant des auteurs très visibles et « influents » : qu’ils encensent de plus dans leurs écrits.
Car voici la loi de cette République et le prétexte de la guillotine : en soutenant une certaine forme d’élitisme, ils développent un mépris des tentatives joyeuses et sans prétentions qu’il peut y avoir en poésie sur le net, et ils se posent au-dessus de ceux qu’ils décrivent comme étant « des bacs à sable pour apprentis poètes« . Qui sont ces apprentis ? Quels sont ces bacs à sable ? S’ils parlent de blogs reliés à la poésie contemporaine, faut-il comprendre qu’ils stigmatisent les expériences parfois fructueuses, parfois agaçantes et maladroites de Charles Pennequin (Poésie pour le nuls), de Sylvain Courtoux et Jérôme Bertin (Action Writing) de Joachim Montessuis (Compost 23) etc… qui sont tous absents de leurs liens web, même s’ils publient les textes de ces auteurs.
C’est une stratégie bien connue pour entrer dans le milieu littéraire (entrisme qu’ils dénoncent mais semblent pratiquer), que de frapper sur une joue et de caresser l’autre.

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rédaction

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