[News] News du dimanche

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avril 8, 2012
in Category: Livres reçus, News, UNE
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Ne manquez pas les deux dernières nouveautés P.O.L (en librairie depuis avant-hier) : Elsa Boyer, Holly Louis, et Emmanuelle Pagano, Un renard à mains nues ! Ensuite vous attend une Libr-campagne surprise…

Nouveautés P.O.L

► Elsa Boyer, Holly Louis, avril 2012, 138 pages, 13 €, ISBN : 978-2-8180-1497-4.

Présentation éditoriale.
Pour son premier roman, Holly Louis, Elsa Boyer voulait décrire des images. Ce sont des images de guerre, des images de territoire surveillé, des plaines, des déserts, des villes, des couloirs aussi, et des pièces. Quelqu’un regarde ces images depuis une salle de vidéosurveillance, un homme de la brigade en guerre contre les vieux. Dans cet univers d’anticipation, les vieux sont peut-être tout simplement des vieux, ceux qu’on voudrait exclure, dont on voudrait ne plus avoir d’images. Mais il se peut aussi qu’ils soient autre chose, des légendes, des super héros déformés, méconnaissables, des corps qui ont glissé vers un autre stade de l’évolution. Les écrans confrontent ces vieux sans âge, cette forme de vie archaïque presque minérale et végétale aux images actuelles, sans histoire, de la vidéosurveillance. Dans la brigade en lutte contre ces vieux les choses ne sont pas plus claires, le chef fait des discours, murmure des paroles obscures, traîne là où il ne devrait pas et reste opaque. Holly Louis, c’est l’ennemi, un saint louche, une légende au corps refait, le personnage d’un film d’action qui se serait décomposé en route, un chef de gang ou un amant sur le retour. L’envie d’écrire ce livre est aussi venue à l’auteur en regardant des images de conflit qu’on peut trouver sur Youtube, en lisant des documents officiels mis en ligne par le site Wikileaks dans un langage administratif et inerte qui multiplie les descriptions d’assassinats, de corps ligotés abandonnés au bord des routes dans des pays en guerre. Elsa Boyer a voulu injecter dans ces matériaux une parole déformée, des personnages difformes agités d’émotions et au croisement de mille histoires.

Premières impressions. Cet univers dystopique porte à son paroxysme notre thanatophobie comme notre gérontophobie : " les vieux ne sont peut-être plus rien d’humain, les vieux sont déjà autre chose, méfiez-vous, ils sont la plus grande menace que l’on ait jamais connue " (p.14)… De même, ce monde post-apocalyptique amplifie jusqu’à l’extrême notre dérive sécuritaire, notre oubli du passé et notre guerre entre les générations. La dure réalité de cette société panoptique n’apparaît qu’au travers du prisme kaléidoscopique d’une multitude d’écrans, dans lesquels se fond un narrateur qui, de ce fait, est l’objet d’une diffraction ontologique : "J’ai abandonné mon corps aux prothèses pour réaliser le vœu de surveillance absolue de tous et de tout de cette brigade" (9). Un premier roman prometteur ! /FT/

► Emmanuelle Pagano, Un renard à mains nues, avril 2012, 340 pages, 19 €, ISBN : 978-2-8180-1624-4.

Présentation éditoriale.
La quatrième de couverture écrite par Emmanuelle Pagano résume parfaitement ce très beau recueil de 34 nouvelles : "Les personnages de ces nouvelles ne se trouvent pas au milieu du récit, ils marchent dans les marges, se tiennent au bord de leurs vies, de leur maison, de leur pays, au bord des routes, à côté de leurs familles, de leur mémoire, à la lisère de l »ordinaire et de la raison, comme il leur arrive de faire du stop : au cas où on s’arrêterait pour les prendre. Je les ai pris dans mon livre."
Et, en effet, il s’agit de marginaux dans ces textes, mais de marginaux discrets, la plupart du temps, qui ne manifestent ni ne revendiquent rien d’autre que le droit d’être là et ne sont différents que par le regard des autres. Celui d’Emmanuelle Pagano est empathique, certes, mais il est aussi généreusement précis, sensuel, lucide.

Premières impressions. La nouvelle ("Juste un papa", p. 307-312) dont la fin de la première phrase donne son titre au recueil – qui se lit comme un roman, tant est forte l’unité narrative, formelle et thématique (une narratrice évoque des drames familiaux, des histoires d’enfance, de route et de rencontres) – remet en question le très contemporain "Tout-psy" : pour avoir tué "un renard à mains nues" et être fille de parents divorcés, enfant, la narratrice a eu droit à l’entretien hebdomadaire avec un "psy" : contrairement à ce dernier, qui cherche une explication d’ordre traumatique et/ou sexuel à la peur de l’inconnu, s’oppose un père montagnard qui, sans faire d’histoire, aide sa fille à se replacer dans l’ordre de la nature – celle des hommes comme des animaux. Parmi les figures/voix qui confèrent au texte son évanescente coloration autobiographique, celle de la grand-mère Angèle, qui ignore la langue-comme-il-faut – les "mots confortables" (53). /FT/

Libr-campagne

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rédaction

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