Daniel Schneidermann l’écrit aujourd’hui dans Libération : « la modernité n’est peut-être pas où on pense ». De quoi s’agit-il ? Tout simplement de l’exercice délicat et attendu auquel se sont livrés les candidats à la candidature présidentielle du PS cette semaine, celui d’un débat télévisé très singulier. Terminées les empoignades, finies les interruptions par les journalistes en mal de spectacle, la publicité pour un shampoing ou la promotion du dernier CD de Johnny ; place aux idées ! Voilà une initiative qui pourrait réconcilier une partie des français avec cette frange d’hommes (et de femmes) politiques qui n’avancent plus cachés derrière une communication politique à courte vue empruntant tellement à la publicité que la plupart des français s’en détournent et s’en méfient. Nullement dupes en général de l’objectif de profit d’une entreprise qui cherche absolument à satisfaire au mieux leurs besoins au point de se déplacer chez eux grâce à la télévision par une nouvelle publicité (encore une), les français sont tous les jours tentés de ne voir de la même manière les hommes politiques que comme des professionnels cherchant d’abord à satisfaire leur besoin de conquête et d’exercice du pouvoir ! Alors certes, il y a là réhabilitation d’une réelle communication politique, celle qui se conçoit comme volonté de transmettre un message aux récepteurs qui soit un ensemble de positions et de propositions par rapport aux problèmes économiques et sociaux en l’occurrence. Certes, le format se prête particulièrement de plus à ce nouvel outil qu’est internet (comme semble le penser Schneidermann). Mais les pessimistes avanceront que les différentiels d’accès et d’usages d’internet comme de la Chaîne Parlementaire restent particulièrement marqués selon les milieux sociaux. Il n’est pas sûr autrement dit que l’effet de ce moment de « modernité du PS » dépasse celui du plaisir pris par des milieux socioculturels favorisés à retrouver un débat de « fond » à la télévision. Ne boudons pas notre plaisir par conséquent, saluons l’initiative, Schneidermann a raison, mais ne soyons pas nous-mêmes dupes des possibles effets politiques de cet « exploit », notamment pour le PS auprès des milieux populaires… ce que Schneidermann se garde bien, d’ailleurs, d’évoquer. Ce faisant, le moitié du chemin a donc été parcouru, l’autre moitié, c’est la démocratisation de l’accès et de l’usage de tous à un internet que l’on aura par ailleurs préservé des avides tentatives de monopolisations dont il fait l’objet de plus en plus… sauf à entendre dans dix ans à propos d’internet, les mêmes remarques de François Bayrou à propos de la télévision.
une propostion de loi et un article qui est passé à la trappe…
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http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=15846
Left by ff on novembre 26th, 2006