
Sur Regarde à vue, un entretien avec un ancien policier qui raconte maintenant qu’il n’appartient plus à ce corps d’Etat, comment est géré ce service publique, qui lui apparaît davantage comme un instrument de pouvoir qu’un service destiné aux citoyens et à la paix sociale. L’interview est magistral, cet ex-policier, très clair et précis dans ses formulations, analyse question après question chaque problème qui apparaît : statistiques, infractions, contrôle du territoire, stratégies politiques, logique de l’augmentation des délits. Se pose beaucoup de questions à partir de cet entretien : la question de l’opacité entre les citoyens et ce type de service.
” Parce que la répression syndicale touche tous les milieux et qu’il convient tout particulièrement de museler ceux qui occupent des postes clés comme dans la police, un témoignage contre les catégorisations faciles, les analyses simplificatrices qui s’adressent à toutes et à tous.Un témoignage qui éclaire aussi sur une des réalités de l’application des politiques sécuritaires mises en oeuvre par les derniers gouvernements.
Ce témoignage a été tourné à la suite d’une rencontre. Lors d’une de ces conférences sur la politique sécuritaire et ses dérives. Vers la fin, un homme s’est levé. Il a déclaré qu’il venait de quitter la police, que la plupart des dérives que l’on venait d’évoquer n’était pas le fruit du hasard mais bien le résultat d’une politique élaborée au plus au niveau et transmise, ensuite, de manière pyramidale à travers la hiérarchie policière. Il avait réussi à s’en sortir, au prix d’un changement de carrière complet, là où la plupart de ses collègues avait fini par plier l’échine ou par « craquer ». Des mois, des années de lutte, pour ne pas se faire broyer administrativement et humainement par un système d’autant plus puissant qu’il a quasiment éliminé toutes formes de contestation en son sein.”
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