[Texte] Nicolas Zurstrassen, FORS. Détours spectraux (1/2)

[Texte] Nicolas Zurstrassen, FORS. Détours spectraux (1/2)

décembre 23, 2014
in Category: créations, UNE
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[Texte] Nicolas Zurstrassen, FORS. Détours spectraux (1/2)

 FORS = HORS = RÉEL : l’origine de la fêlure… De la vie et de la mort, du plein et du vide, du visible et de l’invisible… De la réalité spectrale… [FORS, livre à paraître en mai 2015, avec des dessins de Frédéric Dupré – dont un figure ici en arrière-plan]

 

C’est de manière très coutumière que les détours interviennent.

 

Ainsi apparaît la fêlure entre coutumier et habituel. Mais cette fêlure, nous sommes les seuls à la percevoir.

 

Si à coutumier je vais y voir, dans le dictionnaire, j’y trouve : « qui a coutume de faire quelque chose »

 

Coutume : « façon d’agir par l’usage ». Fêlure comblée.


Pour la retrouver, la fêlure, ne serait-ce qu’un tant soit peu, il m’a fallu proposer que coutumier se pense comme un infinitif, comme communier, sauf que, pour ce qui concerne le sens, c’est tout le contraire, coutumier évoquant un agir d’initiative commun, étranger au bonhomme à qui il arrive, consciencieusement ou du fond de son âme, de communier, ce qui se dit faire un acte de foi.

 

Où passe la fêlure entre communier, qui est de l’ordre du faire, et coutumier, qui est d’agir.

 

 

Alors que l’inconscient, j’ai lu qu’il était ce qui insiste, cette fêlure persiste. Si je dis qu’elle se faufile, je la dote d’une intentionnalité d’un aloi douteux. Le dictionnaire me dit que ce « fau » de « faufiler » ricocherait de « fors » qui veut dire hors ; la fêlure vient de hors, le réel, et elle persiste à notre insu.

 

La combler est l’oeuvre même de l’oeuvre symbolique, tout croire reprenant dans son projet formulé ce qu’il peut de cette gravitation spécifique au commun qui, étant de l’ordre du réel, est depuis toujours et à jamais HORS

 

 

Fernand Deligny

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les êtres vivants sont truffés de morts – de spectres affamés de vie, et de repos

 

Les êtres charnels sont innervés par l’ancien,

trouées qui engloutissent nos déversions négligentes,

plaies cherchant leurs couteaux

pervers s’insinuant dans la mémoire

plus ou moins explicitement

 

 

Mouvant, rien de plus – et,

cela écrit,

cela s’inscrit

coutumier

 

 

Un rêve – fait venir dans les corps d’autres corps

 

Mise en jeux

d’outre-identité (ce qu’on appela tel)

 

Toucher et être touché- pris et être pris

 

Franchir certains fleuves, s’y baigner souvent – derrière l’oeil gauche, aller

 

 

 

 

 

Les événements, incorporels, passent toujours par des corps, par du corps

 

*

Des restes, il y a – dans ces allées-venues inassignables par quelque tribunal,

des revenances, des dépôts, des alluvions,

des hantises, des déchets, des abandons

 

Plus ou moins fertiles ou toxiques pour la Terre –

pour nos mondes sans orient

 

 

Ce n’est pas soi qu’on fait jouir ou maltraite

 

C’est nous, les sans visage, les surgissants.

 

 

 

Passants des masques : plus rien à cacher – les sons

passant l’homme

 

Pas n’importe lesquels, pas n’importe comment : art de la prudence et de l’attaque

 

Poste, territoires, sphères, guet, lignes, bond

 

 

 

 

 

 

Surgir, musiquer avec

ce dont on a un peu vite décrété la mort administrée.

 

 

*

Le passé est à deux pas de nos corps

Des pores dans un plan qui se meut

Cela tombe bien: il est là – dans la tombe:

 

transcadence

 

Ou être-sur-la-Terre: c’est le même – différentiel

 

Cela chante véhémence du « Je  suis » impossible

 

Montagnes, ouragans, océans, orages, terre invisible,

force effarante, inquiétantes étrangetés, l’habiter

qui n’a plus de maison – et

n’en a jamais eu.

 

Elle est juste

passée par là – en a pris les seuils

 

L’inconnue n’est pas le futur – pathétique

 

Les circonstances passées débordent, soudain : elles permettent

 

 

 

 

 

Elles disposent

, , ,
rédaction

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