[Chronique] Friedrich Murnau, L'Aurore, par Christophe Esnault

[Chronique] Friedrich Murnau, L’Aurore, par Christophe Esnault

décembre 30, 2019
in Category: chroniques, Livres reçus, UNE
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[Chronique] Friedrich Murnau, L’Aurore, par Christophe Esnault

Friedrich Murnau / Yannick Le Vaillant, L’aurore (Sunrise – A Song of two Humans), éditions Conspiration, hiver 2019, livre de 112 pages, 20 €, ISBN : 979-10-95550-10-5.

 

Chef-d’œuvre incontestable de l’histoire du cinéma, année 1927 : L’Aurore de Friedrich Wilhelm Murnau. Ne me souviens pas des contours précis de mon émerveillement traumatique, de cette première fois où je l’ai visionné au cinéma Les 400 coups d’Angers. L’ai « revu » plusieurs fois, aspiré par un désir de grand cinéma, un désir d’y retourner – si on peut considérer que le revoir en DVD constitue un visionnage (bien évidemment, non). Revu une seconde fois lors d’un ciné-concert avec des musiciens de jazz. Bien sûr que je veux le revoir encore. Bien sûr que je n’en ai pas assez de L’aurore de Murnau. « Avant ils étaient comme des enfants, insouciants, toujours heureux et rieurs. » Quintessence de cinéma ou quintessence de l’amour dans son extrême fragilité. Visages du cinéma qui prennent feu comme une bobine dans une tragédie commune. « Vends ta ferme… Viens avec moi à la ville. » Après l’avènement du numérique, on ne sait plus ce qui est encore du cinéma, et à quarante-sept ans j’en sais moins que jamais sur ce qu’est l’amour. Résumé surnuméraire du film que tout le monde a vu : un pêcheur s’éprend d’une citadine aux allures de vamp. Sous l’influence de celle-ci, il décide de noyer son épouse, mais y échoue, incapable de mettre son plan à exécution. Effrayée, sa femme parvient à s’enfuir jusqu’au tramway qui serpente vers la grande cité. Son mari part à sa poursuite. Des images de ce film dans un ordre chronologique et les intertitres. Un remède à ta / nos mémoire(s) défaillante(s). L’image figée transforme le film en livre et en roman-photo inédit grâce à une composition graphique menée avec art. Visages expressifs dans une lenteur qui rejoint l’âge du muet : tourne les pages à ton rythme. Remember souviens toi, ce sont ces images-là qui ont constitué le cinéphile que tu ne peux plus être. Tu as rendez-vous avec la salle Henri Langlois pour une projection 35 mm. Tu as rendez-vous dans un festival qui offre une rétrospective Murnau. Et pour te faire patienter, ce livre. Indispensable dans les écoles d’arts et de cinéma, les médiathèques et dans tes mains.

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rédaction

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