[Chronique] Jean-Paul Gavard-Perret, Poisson roucoule (à propos de Christophe Esnault, L'Enfant poisson-chat)

[Chronique] Jean-Paul Gavard-Perret, Poisson roucoule (à propos de Christophe Esnault, L’Enfant poisson-chat)

décembre 18, 2020
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[Chronique] Jean-Paul Gavard-Perret, Poisson roucoule (à propos de Christophe Esnault, L’Enfant poisson-chat)

Christophe Esnault, L’enfant poisson-chat, éditions Publie.net, disponible depuis le 25 novembre 2020, 112 pages, 12 €, ISBN : 978-2-37177-604-3.

 

En plongeant dans des rivières théoriquement sans retour, l’auteur perce la peau de leur surface pour une pêche miraculeuse dans l’abîme du temps.

Devenant poisson-chat – non consommable et rejeté par les pêcheurs mais pas, l’âge venant, par des gourgandines avides de chair fraîche –, Christophe Esnault remonte en saumon le cours de son âge.

Il fut un enfant muet (d’où son penchant pour les poissons) qui ne cache rien de ses premières découvertes et premiers émois. Et même de ses plaisirs solitaires au nom ou plutôt au corps d’une monitrice de centre aéré aux formes affriolantes.

Il y a donc là les hantises qu’elle suscite comme bien d’autres. A prori elles mangent peu de pain mais construisent un imaginaire enfantin au moment où l’auteur apprend qu’on n’est rien, à personne. Ou que personne n’est rien, sinon au ventre et au cerveau qui le cuirasse.

Exposer son paquet de viande, de nerfs et d’âme ne revient pas à s’en défaire. Au contraire. Cela permet de montrer ce qui fonde son état actuel.

Dans un surgissement volcanique émane l’intimité ouverte. Elle fait parler ce qui se tait et permet de s’arracher à l’erreur mystique. Car ce qui nous habite n’a rien à voir avec un dieu sauf à penser que le poisson lui-même détient une spiritualité vagissante. Ce qui n’est pas à éliminer d’emblée.

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rédaction

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