[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d'art (5/6)

[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (5/6)

juillet 9, 2020
in Category: créations, UNE
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[Création] Daniel Cabanis, Essor de la fourmilière d’art (5/6)

Cette nouvelle série proposée par l’incorrigible Daniel Cabanis devait accompagner la soirée « Poésie et humour » du 22 avril dernier à la Maison de la poésie Paris (soirée organisée par REMUE.NET) – mais une figure de l’innommable appelée Covid-19 nous en a privé en ce printemps 2020 (elle sera reportée à l’automne prochain). [Lire/voir le quatrième volet de la série]

Exposé / 5

Avec l’autorisation de la galerie Browne & Khalassian (réf. : BUW49L).

 

Les artistes fraîchement sortis des écoles d’art ou d’ailleurs sont très hésitants quant à l’orientation à donner à leur début de carrière ; ils veulent taper un grand coup mais la crainte de se griller avec des propositions alambiquées ou des outrances irrecevables les tétanise. Finalement, seuls les dingues et les insolents osent casser les codes et réussissent à intéresser. Bien sûr, cela ne suffit pas ; ensuite il faut durer. Il y a environ deux ans, trois au plus, les Dassenbach, Mag et Walter, à l’époque deux parfaits inconnus, se sont imposés avec des vidéos pornos amateur qui, à première vue, étaient nullissimes mais ont été réévaluées en deuxième lecture (!) et cette fois jugées dignes d’éloges. Que s’était-il passé entre temps ? Simple : on a appris que les Dassenbach n’étaient pas le couple d’artistes crétins qu’on avait cru mais un duo frère/sœur incestueux bravant la loi et le tabou, ce qui modifiait en bien la perception de leurs vidéos. Ainsi, la critique d’art éclairée que leurs piteux coïts avaient navrée les a trouvés à la réflexion, je cite : extrêmement forts et percutants. Eh oui, le ragout était le même mais son fumet avait changé. Dans un milieu toujours prêt à saliver son os, et où la moindre transgression force le respect, voilà donc l’inceste en valeur esthétique ajoutée. Bien. Très bien. Je m’incline. Et/ou le con de ma sœur est un film-phare. Au moins une balise. L’ai revu hier soir et j’ai enchaîné avec Tu seras une lopette, Walter. Sacrée soirée. Pas sorti indemne. Du grand art. Maintenant, peuvent-ils aller plus loin, les petits génies ? Je crois que oui. Qu’ils enculent père et mère, au nom de l’art ! Salauds de parents : tant pis s’il faut les violer. Allons-y ! Ça va être du grandiose. Et qu’ils se chient dessus pendant qu’ils y sont. Bien. Finissons-en avec ce néo-porno consanguin : une plaisanterie. Et revenons à nos fourmilières.

 

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Fabrice Thumerel

Critique et chercheur international spécialisé dans le contemporain (littérature et sciences humaines).

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