[News] News du dimanche

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avril 21, 2012
in Category: Livres reçus, News, UNE
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Tandis que nous attendons avec impatience, entre autres, La Vie moderne de Christian PRIGENT et La Plus Grande Aberration de Suzanne DOPPELT, (P.O.L), et aussi Acrobaties dessinées de Sandra MOUSSEMPÈS (éditions de l’Attente), vous attendent dans ces dernières news avant une petite pause printanière : le livre de la semaine, en librairie depuis vendredi, En Tarzizanie de Orion SCOHY ; le Libr-événement de la semaine, le 6e festival Empreintes Numériques (avec HP-process : Philippe BOISNARD et Hortense GAUTIER) ; Libr-campagne, avec le "déconnologue" de CUHEL, accompagné du dessin de Joël HEIRMAN.

Le livre de la semaine

Orion Scohy, En Tarzizanie, P.O.L, 20 avril 2012, 240 pages, 16 €, ISBN : 978-2-8180-1621-3.

Présentation éditoriale. En 2012, Tarzan fête ses cent ans.
Tarzizan aussi, donc à double improbable, sous-ersatz, cousin de Basse-Cocagne. En revanche, ce dernier n’en reste pas sans ciller, ni de marbre (mais son nom provisoire le laissait présager) : du jour au lendemain, il quitte femme et éléphants puis part en bal(l)ade, et c’est ce que relate cet album sur un mode historique des plus rigoureux en empruntant des voies diverses, notamment celles du roman, de la bande dessinée et de la chanson.
Frappé d’aphonie, propulsé dans la palpitante quête de son propre cri, le personnage sera donc lu ici en train d’habiter successivement des milieux ou tableaux très divers, telle la petite Martine des livres illustrés : la mer, le désert, le Languedoc, la montagne, l’alcoolisme, le rhum(e), la poésie, le barbisme*, l’espace intersidéral, la mort… S’il ne désire pas demeurer inactif durant ce combat à cervelle nue entre l’homme-signe et l’homme-songe, l’audilecteur en profitera pour filigraner à loisir la distinction entre ipséité, eccéité et quiddité ; de même l’on titillera accessoirement, dans un registre empruntant davantage à la cocasserie mais sans jamais pour autant outrepasser les limites capitonnées de la bienséance, l’hilarante notion de propriété intellectuelle.
Pour procéder à la reconstitution fidèle des événements qui s’imposait, il fallut inventer un sous-genre : le roman-de-chanson-d’aventures-typographiques-à-demi-animées. Pour ce faire, l’auteur prétend avoir mis en oeuvre un certain nombre de petits machins optophonétiques (auxquels il est suggéré de prêter l’oroeil), mais aussi des quantités notables d’éternuements, de l’herbe en pagaille, des tripotées de cris cristallins/limpides/pizzicato/atones, des mouches en plein vol, de tranchants éclats de rire nimbés de silence – et du vent, bien sûr, beaucoup de vent.

* Aucun lien avec une poupée de plastique ou un commandant SS immondialement célèbres.

Premières impressions

"J’ai quitté ma Tarzanie quasi natale (ou son ersatz) pour la Tarzizanie totale" (p. 180).

« Je ne sais plus qui a dit : "Qui sème Tarzan récolte des trompettes." Mais quelles trompettes, au juste ? De l’infamie ? De la mort ? De l’amour noir, de l’humour impossible ? Non, qui sème Tarzan, récolte Tarzizan, point barre » (185).

Bienvenue dans le monde de l’homo sapiens tarzizanus. Avec Orion Scohy, on se laisse aller à "cueillir l’instarzizan présent" (193), à semer la zizanie dans l’univers mythique, et,  comme le héros légendaire de liane en liane, à passer de mots-valises et contrepèteries en calembours et à-peu-près, de variation en variation tarzanesque… Il faut dire que, chez lui, "les mots ne jouent pas : ils se frottent toujours les uns aux autres comme pour tenter de copuler" : "Et mes lettres ne sont pas de reste, qui s’adonnent à un échangisme forcené. Je n’ai pas de problème de dyslexie, c’est seulement que ma langue est une partouzeuse dégénérée" (185)… Et comme l’inconscient lacanien est structuré "comme un glanage" (168), nous glanons, nous glanons avec ouïssance dans la bibliothèque de cet auteur fantasque : de Lamartine en Alferi, de Genet en Jouet… Le lecteur se laisse entraîner dans un dédale de contes, vers, diagrammes, fables, blagues, recettes, réclames, caprices et zigzags… il s’arrête, enjoué, devant le fascinant alphabétail, et tous les t’autoïdogrammes, "dessins constitués de caractères d’imprimerie (généralement les lettres composant le mot qui sert d’enveloppe lexicale à chacun d’eux)" (180)… En plus de l’esprit surréaliste, on y retrouve la verve et l’inventivité du Jarry de l’Album d’Ubu, du Prévert de Fatras… Tout y cloche – pour notre plus grand plaisir ! /FT/

Libr-événement

WORKSHOP >> CONTACT_extended, du 25 au 28 avril – 14h – 16h30. Invitation à explorer la pratique d’art action numérique Un atelier proposé et encadré par Hortense GAUTHIER et Philippe BOISNARD.

Dans le cadre de cette 6ème édition d’Empreintes Numériques, le Centre culturel Bellegarde vous propose de participer à ce workshop intitulé CONTACT _ extended : durant ces quatre jours les participants tentent une immersion dans l’univers poétique des deux artistes.
L’occasion d’entrevoir les différents rapports entre corps, langage et technologie, et d’explorer les dimensions plastiques, visuelles, sonores, numériques et corporelles de l’écriture. En travaillant sur les transformations que produisent les outils numériques sur l’écriture (web, réseaux sociaux, chat, téléphones mobiles, ..) et de façon plus générale sur le langage, les modes relationnels et le corps, les textes se (dé)construisent, s’intensifient, se transforment pour atteindre une forme poétique à l’heure du 2.0.
Un travail de performance poétique multimédia où l’image et le son sont générés en temps réel, et de manière interactive afin de créer un dispositif d’échange collectif de flux d’écriture expansés dans l’image, le son et l’espace. A l’issu de l’atelier, les participants présenteront une performance collective et collaborative le samedi 28 avril.
Ouvert à tout public : gratuit. Inscription au centre Bellegarde : 17, rue Bellegarde- 31000 Toulouse – 05.62.27.44.88.
Performance CONTACT par HP Process, samedi 28 avril – 18h30 – entrée libre. Vous pourrez suivre en direct la performance en ligne ici.

Libr-campagne : le déconnologue de CUHEL / dessin de Joël HEIRMAN

1. Du point de vue de Sirius – ou d’ailleurs – Francoland est un drôle de pays où, en général, on y va franco : à intervalle régulier, le brave pleupleuple choisit bravement parmi les chefs de clanclans – futurs taulards – son grand magichien/supermentor/supermenteur… Comme dans les jeux et contes pour chiards, tout le monmonde fait comme si : comme si le présidentdent était… comme si Francoland était… à condition de… oui il peut le pleupleu…

2. Comme la nature merdiatique a horreur du vide, elle a accéléré le tempo : si la vie sosociale est sans concession une fête perpétuelle, la vie popolitique est un coup d’éclat permanent ! Pas de temps mort : faut que ça bouge, vive le bouge politrickard !

3. D’un coup de braguette magique, Marianne empêche de gonfler les triques électriques (nulle bandaison pour d’autres horizons… nulle bandaison pour Liberté-Égalité-Fraternité… nulle bandaison pour le devenir homonculaire…) et lève les tricks (hallali pour l’halal ; haro sur les homonculibertaires et les homonculofonctionnaires, haro sur les homonculimmigrés et les homonculimmoraux, haro sur les homonculofraudeurs, les homonculochômeurs et les homonculodébiteurs…). De toute façon, les jeux sont faits : alea fraterniqué est !

4. Dans la démoncratie moderne, les seuls candidadas sérieux sont ceux qui ne sont pas là pour changer le monmonde et l’immonde, mais pour les faire fonctionner.

5. La démoncratie moderne vous facilite la tâche : plus la peine de vous prendre la tête ! Pour faire le ménage sans taches, les chasseurs de dettes sont à votre sévice, croquis exquis à l’appui…

6. Faut lui laisser ses trous à notre fRANCE (sécu, dettes, etc.),
sinon les arniqueurs ne pourront plus la baiser !

7. La fRANCE aux fRANÇAIS et la morale aux mortalisateurs !
En fRANCE, libérons le travail : travaillez pour faire travailler nos finances !
Haro sur les vrais voleurs : branleurs de la fonction putbliK, fraudeurs et maraudeurs…
Défendons nos valeurs :
Liberté (de vous spectenculer !)
Égalité (devant la dette)
Fraternité (dans la dèche !).

8. À bas l’euro, l’heure est à l’Eurex…
Si un speech anticapitaliste ne mange pas de pain,
faut être réaliste, faut être sérieux, faut
appâter les spectenculateurs :
l’EUREX fait les heureux !
Cocoricoco attitude : quelle branchitude !

9. Pour une fRANCE forte, il faut une fRANCE riche !
Rejoignez le Mouvement de Libération des Riches (MLR) !
Sans érection de capitaux, pas d’idéhots
Bandante, la démoncratie !

10. Laissez aux nanards croire que pour changer le monmonde
il suffit d’un bout de papier dans une urne…
Nous, en quelques clics on vous donne la claque !
On vous en fout plein les burnes !

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rédaction

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2 comments

  1. Fabrice Thumerel

    Merci : c’est vraiment une chronique fouillée et passionnante !
    Bonne continuation !

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