[Texte] Duno et Andy Vérol [Libr-@ction - 2]

[Texte] Duno et Andy Vérol [Libr-@ction – 2]

juillet 7, 2013
in Category: créations, UNE
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Bon, hier, j’ai recopié ce texte de folie de mon frère. Je vois surtout qu’il se sentait seul malgré le succès de son groupe. Il était seul, pire isolé. Duno avait un regard perçant, percutant, en tout cas sans concession sur le monde qui l’entourait. Ce texte (daté d’août 1993) est tiré d’un carnet bleu non numéroté. [Andy Vérol, dont on lira Seconde chance, en attendant son Manifeste de l’acharniste]



Ça m’a donné un coup de fouet. Patrice, je lui parlais pas avant cette expédition. Pendant les tournées du groupe, il y a un tas de personnes qui gravitent autour de nous sans que nous sachions vraiment qui ils sont. On te donne à bouffer en se présentant.

« Salut j’m’appelle Jérémie, c’est moi qui te sers tes pâtes ce soir. J’adore c’que tu fais. T’es un pur, un destroy, tu déchires. »

Et Patrice, c’est juste le frère du manager. Il a une tête de rouquin. Je fais partie de ces cons qui pensent les rouquins ça pue de la tête. Dans mon intérieur de con, je sens qu’ils puent, et que leur rousseur est un défaut de la nature insupportable. Ça ne vient pas de moi toutes ces conneries. C’est le fait d’une éducation. Quand j’avais 12 ans, j’étais dans une famille d’accueil. Jeanne et Bernard, les pires beaufs de la planète, gentils et tout à qui on confiait des gosses à gogo. J’étais le énième à être recueilli chez eux. Doux, aimants, délicieux. Jeanne c’était une fausse maman. J’aimais regarder ses énormes nibards et me caresser ma jeune bite derrière la toile cirée. Elle avait de gros mamelons, des aréoles aussi larges que le vaisseau-mère de la série « V » (comme vulve argh on disait avec les potos du bahut). Des ballons à jute. Sans avoir jamais vu un seul film de cul, à cet âge-là, j’avais déjà compris l’intérêt jubilatoire qu’il y aurait à juter sur ses nibards pleins de lait… La jute blanche sur la toile jaune zip ripait flan ! et dégoulinait rebelote sur la cuisse. J’ai éjac dès l’âge de 12 ans. Quand je faisais ça, je gueulais dans ma tête « MAMAN SALOPE T’ES BONNE ».

Bref Jeanne et Bernard, c’était aussi des racistes. Des bons Français racistes. Mais contrairement à ce que disent les immigrés ou les enfants d’immigrés ou les gauchistes, le racisme de ces vieux français n’étaient pas pire que celui des anti-racistes qui parlent avec une haine et un mépris inégalables des « fachos ». Qui l’est ? Qui ne l’est pas ? Je prédis que dans quelques années, les « universalistes », les « humanistes », les « droit-de-l’hommistes » diront des anti-cléricaux, des anarchistes anti-religieux, des athées anti-mollah anti-curetons anti-moines bouddhistes et autres, que ce sont des gens intolérants pour la religion et la foi des autres, qu’ils sont dangereux, voire racistes, extrémistes et radicaux. Retour à la case départ. Dans quelques années, lorsque nous serons dans les années de l’après-an 2000, le XXIème siècle deviendra religieux, spirituel, et donc, primitif, archaïque malfaisant. Croire en un dieu est une chose. Se soumettre individuellement, à la rigueur. Mais ça n’est jamais un choix personnel, et bien un conditionnement culturel pitoyable, le moyen le plus efficace que les puissants aient trouvé pour assujettir les masses. Bernard était donc raciste, infect dans le style, mais pas pire que tous ceux qui veulent construire des églises, des mosquées, des synagogues et des temples protestants ou bouddhistes sur le territoire de la France, gros pays qui n’a eu qu’un mérite : celui de mettre des gros coups de boule, de bite, de pieds dans le fion puant des religions… Je m’embarque dans un merdier de pensées là.

Donc le groupe, et surtout moi, je bouffe à part, avant chaque concert. Je suis semi-bourré, c’est-à-dire que je plafonne ma conso de stups et d’alcool. Parfois j’enfile une lycéenne bénévole qui est venue pour aider. C’est comme ça que j’ai baisé Isa, une jeune fille de 16 ans qui faisait super mal les nouilles mais gravement bien les pipes. Je me disais « putain qu’elle pompe bien la petite ». Et quand je lui ai giclé dans la gueule, j’ai lâché d’un flan : « C’est ton gentil papa qui t’a appris à faire ça ? » L’a pas osé me gifler la petite, mais j’ose imaginer que dans quelques mois elle demandera à son boyfriend lambda de lui baffer la gueule avec son gland gluant. Guerre.

Patrice passait et repassait devant moi. Je disais au manager ce qu’il foutait là, mais l’autre faisait celui qui n’avait jamais le temps de répondre. Notre groupe, c’est ça. On paye des gars à faire on ne sait quoi, on ne sait où, et tout le monde, surtout la maison de disque et le manager, nous disent que c’est normal t’inquiète pas on s’occupe de tout.

Alors je lui ai dit que tant qu’à faire, je voulais que le Patrice devienne mon chauffeur perso pour aller en Ukraine. Ça lui ferait les pieds, et je pourrais m’enfiler des autostoppeuses sur la banquette arrière.

Bagnole pleine donc. Et c’est alors qu’une trisomique de vingt ans à peine, s’est ruée sur moi en gueulant : « J’t’aime Duno, t’es mon chanteur préféré réré… » Oh putain.

A suivre…

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rédaction

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