[Chronique] Ilse et Pierre Garnier - deux poètes face au monde, par Jean-Paul Gavard-Perret

[Chronique] Ilse et Pierre Garnier – deux poètes face au monde, par Jean-Paul Gavard-Perret

février 20, 2019
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[Chronique] Ilse et Pierre Garnier – deux poètes face au monde, par Jean-Paul Gavard-Perret

Christine Dupouy dir., Ilse et Pierre Garnier – Deux poètes face au monde, coll. « Perspectives littéraires », Presses Universitaires François Rabelais, Dijon, 2019, 300 pages, 22 €, ISBN : 978-2-86906-687-8. [Anthologie Al dante]

Pierre et Ilse Garnier resteront comme deux voix ou deux signes de la poésie spatialiste et lettriste. Pierre reviendra à plus de lisibilité mais leurs deux noms resteront au firmament de la poésie expérimentale et « lisuelle ».

 

Le couple a cherché l’inconditionné tout en ne trouvant un temps que « des choses », des bagues d’évêque, avant d’inventer leur spatialisme en d’étranges calligrammes. Ils renvoient les apolliniens au magasin des antiquités. Ils ont inventé d’étranges visions minimalistes entre « poésure et poétrie » dans une sorte de vide spatial où les lettres claquent dans le « s i l nce »…

Souvenons-nous par exemple de leur « Jeanne d’Arc et Othon III » et leurs flux dynamiques qui continuent de hanter la poésie contemporaine d’une sorte d’iconologie puisque plus que les mots ce sont leur agglomérat plastique qui fait sens.

Chaque corps-texte de tels livres-poèmes faussement historiographique renvoie à son propre pouvoir de reconfigurer la hantise en forçant le cortex. Moins délirante qu’il n’y paraît, la poésie est convulsive. Les mots possèdent un impact inédit. Il ne s’agit plus de lire en longeant le talus des lignes d’un langage-doigt. Il s’agit d’en remodeler l’argile.

 

Avec « Jeanne », la langue devient un feu sacré tissé en torsades et échos épars où se laissent capturer les linéaments de la plastique de la Sainte. Il en sort non un goût de mère mais de mer immense dont la surface fait peau neuve par effet de plis et de vagues des vocables.

 

Le tout, dans des reprogrammations agrammatiques des mots et les olarités habituelles des linéarités mises en charpie ou en miettes jusque dans des expérimentations cosmiques (« Apollo XI ») où les Tintin ont envahi les vieilles lunes pour remonter aux origines du langage.

Il est en fission et en friction au sein d’une sorte de dystopie d’avant la « lettre » au sein d’une recherche qu’il va falloir enfin prendre au sérieux et analyser pour sortir des logos admis là où se recrée la langue loin de ses horreurs sémantiques.

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rédaction

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