[Revue] LGO, numéro 4

[Revue] LGO, numéro 4

octobre 22, 2010
in Category: chroniques, UNE
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LGO, n° 4, éditions Le Grand Os, été 2010, volume de 116 pages + CD, 15 €, ISBN : 978-2-912528-11-7.

LGO, ça a une identité : c’est l’organe poétique qui donne à voir notre quotidien autrement au moyen d’Agencements Répétitifs Neutralisants (ARN) ; qui passe en revue diverses formes de poésie sonore et de réflexion sur la poésie ; qui a organisé le Festival "Les Perforeilles 2009" – dont on trouvera les échos dans le CD joint à ce stimulant numéro 4.

La clé de voûte qui donne le la de cette dernière livraison aussi intéressante que les précédentes se trouve assurément dans la création de Sébastien Lespinasse intitulée "Clef à jeter sur le chien de Pavlov" : nous déconditionner de notre quotidien actuel, tel est l’objectif de la poésie moderne. Car nous ne sommes que des actifs-passifs : parlant-parlés, consommant-consommés, habitant-habités, imaginant-imaginés, vivant-vécus, pensant-pensés… Mais la question primordiale, bien évidemment, demeure celle des formes critiques : en l’occurrence ici, divers agencements répétitifs et dispositifs sonores.

Avec Franck Melotti, Ana Tot, Sébastien Lespinasse ou Aurelio Diaz Ronda, nous percevons notre réalité quotidienne sous d’autres angles, complètement décalés : infamilières, la porte, la chaise, la femme ; les chaussettes, le saucisson, qui "commence là où on le coupe" ; notre bouche, notre langue-monstre… et même notre Moi ; qui plus est, un trou peut même en cacher un autre… Car "l’arbre la statue le sel la voiture la femme le rire le nuage le rat, tous sont dangereux" (p. 24)… Et Ana Tot de confirmer : "Les choses ne sont pas comme elles sont. Les choses sont comme elles ne sont pas. À la rigueur, les choses sont ce qu’elles sont, mais pas comme elles sont" (40).

Sur le CD, on peut écouter deux des époustouflants poèmes pneumatiques de Lespinasse – celui qui s’auto-lespinasse –, parmi les enregistrements des Perforeilles 2009 (André Gache, Edith Azam, Marc Perrin), qui nous plongent à bout de souffle dans notre quotidien avec l’homme-pommade de Marc Perrin et offrent également une leçon de poésie plaisante et décalée dans laquelle Yves Le Pestipon oppose la poésie expérimentale au romantisme et aux néo-lyrismes.

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Fabrice Thumerel

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