[Chronique] Philippe Thireau : Adoration (à propos de Melancholia), par Jean-Paul Gavard-Perret

[Chronique] Philippe Thireau : Adoration (à propos de Melancholia), par Jean-Paul Gavard-Perret

février 21, 2020
in Category: chroniques, Livres reçus, UNE
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[Chronique] Philippe Thireau : Adoration (à propos de Melancholia), par Jean-Paul Gavard-Perret

Philippe Thireau, Melancholia, préface de Gilbert Bourson, Tindbad éditions, coll. « Tinbad-fiction », 2020, 52 pages, 11,50 €, ISBN : 979-10-96415-27-4.

 

En diverses phases Philippe Thireau récrit « l’histoire du soldat » de Rimbaud comme de Ramuz mais dans un contexte particulier : celui que connurent les jeunes appelés des années 60 lors de la Guerre d’Algérie.

Comme beaucoup il est parti vers Alger, les Aurès, la Kabylie et l’aimée à la robe violette est restée en métropole. Cette histoire est importante pour l’auteur même s’il la traite avec pudeur. Mais dans sa segmentation et ses reprises, elle revient en une sorte d’oratorio – c’est pourquoi nommer ce texte « L’histoire du soldat » n’a rien de fortuit.

L’auteur diffuse par bribes, coupes, reprises un accomplissement qui ne sera pas le bon puisque le soldat ne reviendra pas. Se coud néanmoins une multitude de situations et le flux des processus vitaux où la figuration est libérée des références classiques de la psyché.

Les êtres sont donnés dans le sentir d’une présence de divers espaces sourdement remplis mais aussi nourris d’intervalles traversés et filtrages. La répétition des points est toujours contrariée par leurs tailles inégales. Ils s’interrompent parfois et reprennent pour donner un souffle aux formes afin que l’imaginaire crée un espace distancié mais prégnant.

Le texte gagne en ouvertures dans de tels tracés. C’est une manière de faire surgir une réalité plus expressive et impressive par un traitement particulier de la compacité et l’opacité du réel.

Cassant le chaos de l’amour par ses géométries vagabondes, Thireau crée une modalité de rupture et de rapiècement en un arpentage où des niches apparaissent ça et là dans le plein ou par un seul effet de périmètres optiques.  Tout pose un questionnement essentiel sur les notions de présence, d’existence, de mort à travers un entretien qui à l’inverse de celui de Blanchot ne put rester infini.

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rédaction

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1 comment

  1. Villeneuve

    Même en lypémanie Philippe Thireau reste beau et JPGP aussi . Ecritures en échos de mots . Deux inimitables talents .

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