[Entretien] Portrait de Sylvain Courtoux en poète de merde (3/3)

[Entretien] Portrait de Sylvain Courtoux en poète de merde (3/3)

avril 16, 2010
in Category: entretiens, UNE
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Peu avant celui avec Sandra Moussempès, voici la dernière partie de l’entretien, intitulée "SC = Situations Courtoux" – sans doute la plus critique. Et en bonus : "Libr-Courtoux en 18 dates"… [Lire la première partie ; la deuxième].

SC = Situations Courtoux…

► FT : Puisque tu es lancé, abordons plus précisément la façon dont tu te situes par rapport à l’espace poétique. La vision que tu donnes du microcosme poétique dans Vie et mort d’un poète de merde est des plus satiriques : son inexistence économique en accentue la sclérose, voire la nécrose… de ton point de vue, c’est un monde fait de "suceurs" et de "sucés", d’"enculeurs" et d’"enculés", de renvois d’ascenseurs et de règlements de compte… un panier de crabes où s’affrontent des egos surdimensionnés…

► SC : Oui, y’a de ça.
Disons aussi que Limoges me préserve vraiment de ce genre de merde (et encore, avec Internet, le mail, etc. – les news ou les bad news arrivent quand même très très vite). Et pourtant j’ai vu et je vois encore de tout : des auteurs qui font des revues pour pénétrer le milieu. Des auteurs qui ne programment seulement que ce qui est moins bien qu’eux. Des auteurs ne renvoyant jamais la balle par peur de se faire piquer la place et les privilèges qui vont avec. D’autres qui en intimident d’autres pour garder les tous petits privilèges du pouvoir que leur donne leur place dans le champ. D’autres encore qui aiment tout ce que font les autres, pour être aimé et invité (et publié) en retour. Ou bien encore des sortes de petits marquis qui ont un ego tellement sur-puissant (un putain d’ego, donc comme la chanson sur Vie et Mort) qu’ils ne lisent même pas le travail de leurs amis, ou des égotistes sur-puissants qui pensent qu’ils doivent être invités à tout, partout, par tous (car ceux-là rêvent un peu trop et font (en plus) du sous-Cadiot /réf. à Vie et Mort).

Ça laisse (parfois) pantois. Alors, évidemment, j’ai essayé d’en rire dans Vie et mort. En usant de tout mon amour pour la "comedy rock", genre Spinal Tap (groupe parodique de hard-rock), et de toutes les possibilités que laisse le fait d’écrire des chansons.
Un opéra-rock (puisqu’au départ c’est de cela qu’il s’agit) comme Vie et Mort n’a pu être écrit et joué (en live notamment, où chaque chanson est amenée par une petite anecdote marrante ou pas) que parce que je fais partie de ce milieu, que j’en connais les arcanes comme ma poche. Je n’aurai pas pu jouer avec tout cela, tout ce que j’ai vu, dans ma toute petite carrière entre guillemets, et écrire tout cela sans effectivement être en plein dedans.

Mais être en plein dedans ne veut pas dire qu’on laisse la critique de côté, ça ne veut pas dire aussi qu’on se soumet placidement aux jeux d’entrisme et de pouvoir. Qu’on baisse son slip pour se la faire mettre énorme par derrière. Non. Critiquer le milieu et ses dérives (inévitables ?) autour du pouvoir de chaque ego ou des stratégies de ces egos-là, ne pouvait, à mon avis, ne se faire qu’en en rigolant. Uniquement. Un texte théorique + didactique, aurait été difficile à faire passer. Car, de suite, on vous aurait traité de jaloux, de wannabe-poet qui dégomme les autres pour mieux réussir, et surtout de mec qui veut se venger de ce qu’on lui a fait. Alors qu’avec Vie et Mort, tel qu’il est, je peux dire tout ce que je veux. Absolument tout. Tout en faisant très attention de rester drôle quand même. Mais il est vrai que ce sujet de la "compromission poétique", de la recherche absolue des places de parking, m’intéresse beaucoup en soi. Vie et mort c’est aussi pour ça. Une façon de me préparer à tout ce qui va m’arriver par la suite (rires).

Mais bien sûr, le fait d’être à Limoges (dark city), où, côté poésie, il n’y a rien, me laisse loin de l’agitation pour le pouvoir de Paris ou des grandes capitales régionales qui ont de grands centres d’art ou de grands éditeurs.
Bien sûr, beaucoup de mes amis (et alliés – car la poésie "c’est un labyrinthe de la mort où nous allons tous creveeeeeer", comme le dit une autre de mes chansons sur Vie et Mort) sont à Paris. Et niveau émulation poétique/théorique/etc., Limoges c’est pas ce qu’on peut appeler le top.
Donc il y a des fois où j’aimerais être vraiment à Paris pour cette émulation de groupe, de mouvement, avec mes amis. Mais quand les bads arrivent, je me dis quand même que c’est peut-être pas plus mal d’être à Limoges (rires).
En même temps il ne m’arrive pas des bads tous les jours – ça se saurait sinon (rires).

► FT : C’est justement parce que l’édition poétique fonctionne en huis clos que tu as tardé à publier, non ? Quelles sont précisément tes relations au "milieu parisien" ? Si l’on t’a bien suivi, le fait d’être exilé en province (rires) t’a dans le même temps éloigné des centres de décision littéraires et préservé des compromissions…

SC : J’ai publié mon tout premier livre à 23 ans. Et mon vrai premier texte important (Nihil, Inc.) presque dix ans plus tard. C’est plutôt dans la norme je crois (rires) vu que Nihil, Inc. aurait dû sortir en 2006 si Al Dante n’avait pas eu ce gros problème (duquel il s’en est plutôt bien tiré) de faillite et étant donné qu’on publie maintenant de plus en plus tard. Effectivement, si Limoges m’empêche de trop me compromettre (rires), le milieu (poétique ou pas) parisien me manque parfois dans ma solitude. Son émulation en premier lieu. Et le fait de n’être pas à Paris ne m’aide pas beaucoup non plus pour trouver des dates pour les perfs avec Emmanuel Rabu pour le Vie et mort d’un Poète de Merde World-Tour ! Malgré mes envois et malgré le fait que l’on peut acheter le livre/disque partout. Et trouver des dates pour Vie et mort est, en ce moment, du moins (avec l’écriture de cet entretien et Stilnox), l’une des mes principales préoccupations. Car il ne faut pas se leurrer, si tu ne te montres pas, tu n’existes pas, et plus tu te montres, plus (pour certains programmateurs bien sûr) tu existes. C’est terrible à dire, mais c’est pour cela, en partie, que ce sont toujours les mêmes qui sont programmés. Alors oui, des fois j’enrage VRAIMENT de n’être pas dans les bonnes soirées à Paris, pour bien me vendre un peu (rires). Et de toute façon, avec mon intégrité, je ne sais pas si je me ferais plein de potes, ce serait plutôt le contraire (rires).
Mais vu que je vis avec un RMI, je ne peux pour l’instant pas faire grand-chose. Si ce n’est prier Dieu tous les soirs pour faire des perfs et de continuer à publier mes livres (rires).

► FT : Si la "place Saint-Sulpice" est devenue "un vrai supplice", le petit monde de la "perf" est-il forcément beaucoup plus sain et créatif ?

SC : Non. Les égos sur-puissants s’y affrontent comme partout. Mais il est largement, je le crois, plus créatif. Et il y a de nombreux jeunes (ou moins jeunes) en lectures/perfs comme Edith Azam, Magali Brien, Marceline Delbecq, Sandra Moussempès, Laurence Denimal, Bruno Lemoine, Yves Buraud, ou nous-mêmes avec Emmanuel Rabu qui cartonnent, mais ne se font presque jamais inviter. Le problème de la perf, c’est que 1. on voit toujours les mêmes (alors, certes ils font souvent un super travail (que ce soit Pennequin, Chaton/Andy Moore, Fiat, Hubaut ou des plus jeunes comme Joachim Montessuis ou Olivier Quintyn – d’ailleurs ces deux derniers, excellent en perf, ne tournent vraiment pas énormément)) 2. le travail son/texte ou musique/son est souvent, en perf, très banal (pour ne pas dire de base). C’est pour cela qu’on a voulu gifler tout ça avec Vie et mort d’un poète de merde (rires). C’est un véritable opéra rock quand même ! (rires). Et je crois qu’on y est (un peu) arrivés. Mais en même temps ce n’est pas tellement à moi de le dire (rires).

FT : La poésie est descendue de son Mont Parnasse pour se crotter… de son piédestal pour se faire pop crotte… Aussi à l’hypostase ("LA Poésie") est-il préférable la dé-figuration carnavalesque de l’icône… "La poésie c’est marche ou merde"…

SC : Dans Vie et mort, je ne me place pas dans une perspective poétique précise. Je veux dire par là que je n’attaque aucune des formes de poésie couramment écrites (même aujourd’hui où plein de genres se côtoient). Le personnage de cet opéra écrit de la poésie, on ne sait pas très bien ce qu’il écrit, mais ce sont sûrement des trucs genre CR-J, Hocquard et ce que publie P.O.L. & co, des trucs à la mode, des trucs objectivistes-à-la-française, genre totalement dominant aujourd’hui (qui n’est pas le véritable objectivisme à la Reznikoff-Pound-Roche, pour aller vite). En tout cas, c’est un poète de merde. Au sens strict. Ce qu’il veut c’est réussir, peu importe, à la limite, avec quel genre d’écrits, mais il veut réussir, il a la grosse tête et il fera toutes les bassesses pour ça. Mais il fait donc de la merde (pour moi en tout cas, tel que je l’ai conçu).

Je suis de toute façon assez pour toutes les défigurations possibles de LA Poésie. Merde à ce mot. Que ce soit par le langage cru, jouant avec les sonorités et carnavalesque de Prigent (comme dans Une leçon d’Anatomie, Jacques Brémond, 1990), ou les constructions objectivistes de pick-up (anti-poétisantes) de Denis Roche (comme les Dépôts de savoir et de techniques, Seuil, 1980). J’aime que l’on fasse subir tout ce qui est possible de faire avec la langue et le jeu des formes à la poésie, à cette chienne plein de vice (le groupe Trust parlant de la Justice).

A Limoges, tous les poètes (vieux, morts ou pas) que je connais sont tous dans des formes de poétismes. Elaborés ou pas. Et je déteste par dessus tout les formes dominantes. Qu’elles se disent modernes, post-modernes, anciennes, lyriques, esthétiques, événementiques, pauvres, etc. Le "parler contre les paroles. Les entraîner avec soi dans la honte où elles nous conduisent de telle sorte qu’elles s’y défigurent", du Ponge de 1929, est encore un fort appel à la nécessité de toujours résister aux formes dominantes. J’aime bien cette phrase de Sollers aussi qui dit "Qui n’écrit pas, est écrit"…

FT : Aujourd’hui, il sait donc de quoi il parle… (rires)…

Donc, une création poétique qui se veut foncièrement du côté de l’expérimentation, moderne et moderniste, non réactionnaire et épistémologiquement critique face aux enjeux des langues et de leurs modes de représentation, ne peut se penser, ne peut se faire que dans une forte défiance et une forte résistance face aux pratiques doxales symboliquement violentes et ultra-dominantes des champs (littéraires). Et la poésie, si elle veut sortir des "poétismes", doit sans attendre établir des connexions avec les différentes formes esthétiques qui sont hors de son champ premier d’application (comme le cinéma, la musique, les arts plastiques, la bande-dessinée, les autres genres de littérature comme la SF, le roman noir, le roman d’amour, les livres dont vous êtes le héros, les textes de lois, médicaux, etc.). Car, comme le dit Blaine : "Si on enlève le risque à la poésie ça devient de la littérature". Mais je ne garde pas le mot "poésie" pour autant. C’est juste que pour moi il a plus de sens de résistance face à l’ennemi que les mots "fiction", "texte" ou "roman" (même si après tout le mot "texte", qui vient radicalement du paradigme textualiste, n’est pas une si mauvaise idée). C’est dans cette hybridation généralisée des formes, des sons, des langues, des styles, des agencements, des montages, etc., et dans une vive transdisciplinarité, et non dans le formatage absolu, que la poésie non-poétique (ou les textes qui justement dépassent toutes les notions commercialement admises comme roman, nouvelle, poésie, etc. – invalidés par les différents bouleversements des données esthétiques et le travail des avant-gardes depuis plus d’un siècle) a le plus de chances et de conquérir de nouveaux publics et d’accoster de nouveaux territoires. Il n’y a rien de plus déprimant que le livre ORACU (Ouvrage Relié Au Contenu Unitaire – terme de la géniale Chloé Delaume). Et le but de mon travail est de vraiment aller le plus loin possible dans tous les possibles du travail texte/page. Quitte à faire de mes textes des propositions arty et vaguement lisibles uniquement par moi et mes amis. Je blague bien sûr. Mais l’idée de Massera (énoncée dans ce très beau dialogue avec Delaume dans le numéro 4 de la très bonne revue TINA) d’explorer un médium précis en fonction de ce qu’on a à dire, à montrer, me semble une très bonne idée. C’est aussi un peu pour cela que j’ai choisi le récit narratif pour raconter mes tribulations stilnoxiennes dans le futur Stilnox. Une narration passionnément oblique, sinon ce serait de la littérature (rires).

FT : Du reste, les surfaciaux (Pennequin, Tholomé) se revendiquaient également "poètes de merde"… S’agit-il tout à fait de la même chose ?

► SC : Le terme "poète de merde" que j’emploie dans le titre Vie et mort d’Un Poète de Merde vient directement de la revue Facial de Pennequin, Tholomé, Tarkos, Quintane. Dans l’édito de ce seul et unique numéro, on définit la poésie faciale et donc la poésie de merde (une expression du défunt Tarkos : La drogue est bonne) comme : " [...] la poésie qui ne fait pas (dans le sens : ne ferait pas), ne doit pas se faire, mais se fait tout de même ". Chez moi aussi la poésie (le texte) provient d’une nécessité terrible. Mais il (le texte) est autrement percutant. Je veux dire par là que le problème de ces gens-là c’est qu’ils sont aujourd’hui dans une forme moderne extrêmement dominante. Ce n’est pas pour rien que les sous-Pennequin pullulent, comme en leur temps ont pullulé les sous-Prigent ou les sous-Sollers. Alors bien sûr, qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas. J’adore le travail de Charles – son dernier livre chez Al Dante, Pas de tombeau pour Mesrine, est sans doute son tout meilleur livre – et ses lectures/performances sont parmi les meilleurs trucs du genre (que ce soit avec Jean-Marc Montera à la guitare, avec Pakito Bollino, ou tout seul). Mais il a créé un sillon que beaucoup trop de poètes de merde (au sens que vous voulez) creusent sans (trop) en voir les implications existentielles ou politiques. D’ailleurs je crois savoir que certains me classent comme pennequinien. Ce serait bien mal connaître mon travail qui dépasse de loin les gimmicks du genre. Car à part pour le terme de "poète de merde" employé pour mon opéra rock (que j’appelle "crotte-rock", les amateurs de vrai kraut-rock apprécieront), dont j’avoue qu’il est piqué à Facial, mon travail s’apparente plus à une déconstruction de type Manuel Joseph -Thibaud Baldacci-Christophe Hanna : trois auteurs (ma trinité ultime) dont les premiers livres sont des sources illimités (vraiment) de trouvailles textuelles et expérimentales. Et puis Vie et mort d’un poète de merde ou Strangulation blues de Clara Elliott ne ressemblent à rien d’autre de ce que la poésie expérimentale et ouverte a produit ces dernières années. A rien d’autre.

Libr-Courtoux en 18 dates :

1976 : juin, naissance à Bordeaux, hôpital Pellegrin.
1985 : premier livre de chevet : Frank Tashlin, Mais je suis un ours !.
1987 : perd sa mère. Suicide. Déménagement à Limoges (dark city).
1988 : premier disque acheté : A-ha, Stay On These Roads. S’inscrit au fan club français du groupe.
1990 : un disque de David Bowie qu’on lui offre (Changes, 1990) lui ouvre les portes merveilleuses du rock.
1991 : devient hardos. Première des multiples transformations rock n’rollesques.
1992 : découvre la poésie et la littérature avec Vernon Sullivan (Boris Vian), Georges Perec (Un homme qui dort), Lautréamont et Schopenhauer. Grâce à Stéphane Gerbaud, futur chanteur d’Anorexia Nervosa.
1994 : prend son premier Stilnox. Première k7 démo indus-coldwave produite avec les futurs membres d’Anorexia Nervosa.
1995 : rencontre Jérôme Bertin, poète. Travaille avec lui.
1997 : rencontre Lise Etcheverry. Joue deux mois dans Anorexia Nervosa. Premiers textes en revues.
1999 : Licence de Philosophie à Bordeaux. Publie son premier livre : [i.e.], Æncrages & co. Fonde avec J. Bertin et Charles Pennequin : Poésie Express (22 titres jusqu’en 2001).
2000 : rencontre Emmanuel Rabu, Mehdi Belhaj Kacem et Chloé Delaume.
2001 : premières performances avec JB. Chaos 1 + 2 (Arras).
2006 : signature chez Al Dante. Sortie de Action-Writing (manuel) chez Dernier télégramme. Enregistrement de Vie et mort d’Un Poète de Merde (d’août à octobre).
2007 : premiers concerts avec Emmanuel Rabu pour Vie et mort d’Un Poète de Merde.
2008 : sortie de Nihil, Inc. chez Al Dante. Lodève.
2009 : Dossier Clara Elliott dans Action Poétique (n° 196).
2010 : sortie simultanée chez Al Dante de Clara Elliott et de Vie et Mort d’Un Poète de Merde. Ecriture de S T I L N O X. Performe toujours, avec Emmanuel Rabu, Vie et mort d’Un Poète de Merde. N’a toujours pas lâché le rock n’roll et la pop culture.

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Fabrice Thumerel

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5 comments

  1. F ###'in NOT Billy The Kid

    « A rien d’autre, A rien d’autre »… tu vas un peu vite en besogne : ça ressemble beaucoup à A-Ha quand même ;o)

    Plus sérieusement, je ne pense toujours pas que Paris soit une place forte poétique, loin de là. Si c’est une ville d’édition, ce n’est pas une ville importante en poésie. Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Rennes, Arras, Périgueux, Le Mans… ont des publics, des poètes, des manifestations, des revues, des soirées que Paris n’a jamais eu. J’ai l’impression qu’à quelques exceptions (mir,…), le poète est soluble dans Paris.
    Les manifestations poétiques qui s’y déroulent ont souvent lieu dans les réseaux et lieux de l’art d’ailleurs et non pas de façon autonome.
    & cela même si je suis tout à fait d’accord avec toi lorsque tu dis : « la poésie, si elle veut sortir des « poétismes », doit sans attendre établir des connexions avec les différentes formes esthétiques qui sont hors de son champ premier d’application (comme le cinéma, la musique, les arts plastiques, la bande-dessinée, les autres genres de littérature comme la SF, le roman noir, le roman d’amour, les livres dont vous êtes le héros, les textes de lois, médicaux, etc.). ».
    Car on a parfois l’impression d’être plus lu/vu/entendu par ce milieu là à Paris que par des « lecteurs de littérature » (comme il y a des professionnels de la profession)…

  2. Fabrice Thumerel (author)

    Merci, Julien, pour cet avis que je partage en grande partie.
    PARIS n’est certes plus la capitale des avant-gardes… comme bon nombre de capitales, elle n’est plus qu’un lieu de concentration médiatique… et quand il s’y passe une manifestation intéressante, c’est – comme en province, du reste (non ?) – grâce à des réseaux, qui mobilisent les « membres de la tribu »…

  3. sylvainc

    Oui tu as peut-être raison Julien. Mais moi je suis à Limoges où il ne se passe rien du tout (niveau lectures et autres). Où il ne se passe plus rien du tout maintenant qu’Al Dante est parti à Marseille. Il y a bien quelques lectures du Dernier télégramme, mais les auteurs que publie en ce moment cet éditeur ne m’intéressent pas des masses. Et puis mes meilleurs amis (Emmanuel et Jérôme pour aller vite) sont respectivement à Paris et à Lille, deux villes où niveau poésie il y a bcp de choses et quand je vais à paris, cette émulation me fait vraiment tripper. Et revenir à Limoges après un séjour à Paris est toujours très dépriment (rires). Voilà ce que je voulais dire…

    Et quand je dis que mon opéra rock ne ressemble à rien de ce qui existe dans la poésie aujourd’hui, ça c’est bien vrai, la musique si tu veux, julien, peut ressembler à du a-ha, ou du Depeche Mode, ou du New Order, mais tout le reste, textes, poses, discours critiques, humour, name-dropping, etc. ça, ça n’appartient qu’à moi, that’s all…

    Merci julien de ton petit mot
    et j’espère à très bientôt,

    sylvainc.

  4. NotBilly

    Sylvain,
    Il faut méditer cette chanson des fabulous trobadors :

    « Ma Ville Est Le Plus Beau Park
    Sa vie pleine d’attractions.
    Ta ville sera ce park
    Si telle est ton ambition.

    Ma Ville Est Le Plus Beau Park
    Sa vie pleine d’attractions.
    Ta ville sera ce park
    Si tu en prends la décision.  »

    etc : http://www.greatsong.net/PAROLES-FABULOUS-TROBADORS,MA-VILLE-EST-LE-PLUS-BEAU-PARK,100252449.html

    C’est long et difficile, mais je pense que c’est jouable, pour chacun. Tant pour toi que pour moi.

  5. senegal

    et quand il s’y passe une manifestation intéressante, c’est – comme en province, du reste (non ?) – grâce à des réseaux, qui mobilisent les « membres de la tribu »…

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