[Livre] Christian Prigent, <strong>Le sens du toucher</strong> (poésie & peinture)

[Livre] Christian Prigent, Le sens du toucher (poésie & peinture)

juillet 11, 2008
in Category: Livres reçus, UNE
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   Christian Prigent, Le Sens du toucher (poésie & peinture), Cadex, 2008, 166 pages, 18 €  ISBN : 978-2-913388-68-0  [voir le site de l’éditeur :  www.cadex-editions.net]

► Aux nombreux livres qui, nous l’espérons chers libr-lecteurs, auront retenu votre attention ces derniers mois, nul doute qu’il faille ajouter ce quatrième essai sur la peinture de celui qui n’a cessé de collaborer avec des peintres (notamment avec Daniel Dezeuze, Mathias Pérez ou Serge Lunal) : rangez-le avec les autres dans votre manne de vacances, et rendez-vous en septembre pour une étude plus approfondie.

Quatrième de couverture

Souriez, monde : vous êtes filmé (photographié, peint, sculpté, chorégraphié, écrit…). Un geste s’est déployé, exalté, et enragé du désir de vous toucher. Mais simultanément désespéré de savoir que l’index du symbolique ne touche jamais en vrai "l’immense corps" des choses (la nature, la vie nue) – que c’est même lui qui, le désignant, le relègue dans une distance irrémédiable. Dans la démesure cruelle et charmante de cet écart œuvre la puissance de distinction de l’art, son tact. Quelques exemples (un entretien, quelques essais…) pour une fois de plus tenter de comprendre comment ça marche, en quoi ça touche, par où ça fait jouir, pourquoi ça déroute.

Présentation

 La fascination de Christian Prigent pour la peinture s’explique non seulement par la présence sensorielle immédiate de cet art, mais encore par la facilité avec laquelle elle invente un "espace non-figuratif". C’est en cela qu’elle ouvre la voie à celui pour qui "la poésie est le lieu d’une mise en question du sujet dans sa langue et par la langue" (p. 14).

Dans ce volume, Christian Prigent poursuit donc sa réflexion sur les multiples formes originales que, prenant acte de l’irrémédiable coupure entre le symbolique et un "réel" intouchable, la poésure et la peintrie créent pour rendre compte de l’in-signifiant. Après un remarquable entretien avec Bénédicte Gorrillot, dans lequel il explicite son rapport aux paradigmes musicaux et picturaux, le poète-essayiste se concentre sur quelques poètes élus : le "phrasé à la fois troué et nappé" de Serge Lunal, les "corps en gloire" de Mathias Pérez, les restes in-figurables de Jean-Marc Chevallier, la tension dans l’œuvre de Desbouiges entre "la figuration animalière et le délié des formes informes", la mise en formes de l’informe chez le sculpteur Pierre Tual. Et Prigent de terminer sur deux intéressants paradoxes : comment à la fois s’avérer incapable de lire le moindre livre de Jean-Luc Parant et admirer la cohérence de son œuvre de dessinateur, de sculpteur et d’écrivain ? "Comment se voir (en peinture) en photo ? […] – quand, à côté, on écrit : qu’on œuvre à se sortir de l’inhabitable soi pour se faire un autre nom et un autre visage que ceux qu’inventèrent à l’usage du monde la dictée génétique et l’habitus social" (p. 157).

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rédaction

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