[Livre] Slogans de Maria Soudaïeva

[Livre] Slogans de Maria Soudaïeva

avril 6, 2007
in Category: Livres reçus, UNE
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soudaievaMaria Soudaïeva, Slogans, ed. L’olivier, traduction et préface d’Antoine Volodine, 108 p. ISBN: 2-87929-455-X, 15 €.
[commander via la petite librairie de F. Bon]
4ème de couverture :
Maria Soudaïeva décrit un monde soumis au chaos et à la plus extrême violence. D’où viennent les voix barbares dont elle reproduit prières, slogans, appels, exhortations ? Les enjeux et les objectifs indiqués ont peu à voir avec la culture humaine; les conflits évoqués par les combattantes mettent en péril des civilisations inconnues; les techniques de combat impliquent des adversaires à la morphologie monstrueuse…

Une fois admise cette plongée dans l’indéfinissable, on est saisi par le caractère familier des sentiments et des gestes que le livre met en scène. Soudain plus rien n’est ni étrange ni étranger. Car c’est bien à nous que s’adressent ces murmures et ces cris qui parlent de peur et de solitude, de guerres et de souffrances insupportables, de mort, mais aussi de beauté et d’espoir, allant avec constance vers l’ultime slogan : « les mauvais jours finiront! »

Maria Soudaïeva est née en 1954 à Vladivostok. Elle a vécu en Corée et en Chine, mais surtout au Vietnam. Elle a composé des poèmes et un roman, et, en compagnie de son frère Ivan Soudaïev, elle a fondé après la fin de l’URSS un éphémère groupe anarchiste. Elle s’est donnée la mort en février 2003.

Premières impressions :
Découvert grâce à François Bon et sa note sur l’atelier d’écriture qu’il a organisé à partir du thème du slogan [lire ici]. Immédiatement eu envie de lire ce livre publié en 2004 aux éditions L’Olivier, un an après le suicide de Maria Soudaiëva, mais aussi celui de Hubert Lucot [Grands mots d’ordre et petites phrases], que j’espère pouvoir prochainement vous faire découvrir. SlogansRoutines est atypique, comme j’y reviens dans ma chronique en le faisant entrer en écho avec de Nicolas Tardy, que nous avions présenté [ici]. Slogans n’est pas seulement une suite d’invectives, mais comme Antoine Volodine l’explique parfaitement dans sa préface, de cette suite, de cette liste où le politique est surréalistiquement joué en liaison à la mort, et ceci dès les premières pages avec la liste des appels à son propre meurtre de Natacha Amayoq, se construit peu à peu, non seulement un monde, mais aussi une forme de devenir de ce monde, et ceci à travers de toponymes ou des patronymes, à partir d’éléments d’action, ou bien moments hallucinés, comme cette « aube crépusculaire ». En bref, avant d’écrire plus longuement sur ce livre stupéfiant, et tout à la fois très accessible, un livre à vraiment découvrir.

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rédaction

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