[NEWS] Aide aux revues du CNL : le numérique n'existe qu'en tant qu'archive !

[NEWS] Aide aux revues du CNL : le numérique n’existe qu’en tant qu’archive !

janvier 4, 2007
in Category: News, UNE
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Grâce au très bon site la feuille, nous venons de découvrir les recommandations du CNL pour l’attribution de l’aide aux revues 2007. Ce qui nous intéresse bien évidemment, au sens où la diffusion de la création littéraire et poétique française ne peut exister dans bien des cas que si elle est aidée, soit par le CNL, soit par des institutions publiques ou privées. Des revues comme Boxon sont rares, au sens où rares sont celles qui peuvent exister sans aucune subvention. A la lecture des deux pages de recommandation : 1/ pour les revues papiers; 2/ pour la numérisation; on s’aperçoit que les revues qui apparaissent spécifiquement sur le web, ne sont pas du tout prises en compte. Seules les numérisations sont encouragées, par contre aucune aide spécifique n’est déterminée pour les revues aussi bien SHS ou LSH qui pourtant en France ont une réelle visibilité, et qui plus est permettent des possibilités peu envisageables au niveau des revues papiers. Car tel que le dit Marin dans un article d’octobre 2006 — publié sur Blogo Numéricus — faisant suite au rapport de Sophie Barluet commandé par Eric Gross en avril 2006, le CNL se pose encore dans des dichotomies qui sont caduques par rapport au développement numérique : l’opposition accès payant/accès gratuit. Mais aussi la question du nombre d’exemplaires diffusés et vendus, etc…

« Il faut applaudir le courage du rapport qui défend l’idée d’un soutien aux créations numériques. Mais s’inquiéter de la conception péjorative qu’elle revèle, définissant une hiérarchie entre ce qui semble relever du bac à sable ou du bouillon de culture, d’une part, et ce qui est érigé sur l’autel du papier, d’autre part. Il faut sortir de l’opposition des supports (papier/électronique) et des modes de diffusion (vente/libre accès) pour parvenir à défendre la seule chose qui nous tient à coeur, l’édition. C’est-à-dire l’émergence, la formalisation, la sélection puis la diffusion de la pensée. »

Nous le savons la diffusion web, qui n’est d’ailleurs pas à confondre avec une diffusion numérique qui peut être sur CD-rom ou bien DVD-rom, n’obéit pas à ce type de distinctions et à ces catégories. S’il y a bien une date de diffusion pour tout article, la diffusion — comme l’avait révélé l’affaire Costes et l’interrogation sur le statut temporel de la publication de ses textes de chanson — est continue sur le net : à savoir un article est toujours disponible [sauf à en restreindre l’accès à l’archive comme le font les sites d’actualités entre autres] et en ce sens il n’y a pas de numéros distincts, mais toute nouvelle publication enveloppe, certes parfois invisiblement, les anciennes.
De plus il n’y a pas de dualité entre les deux types de publication, au sens où de plus en plus de sites de création [tel Libr-critique, mais aussi La revue des ressources, radiolist, etc…] se constituent non pas analogiquement au revue papier, mais selon les spécificités liées au numérique : vidéo, audio, installation de textes selon des logiques dynamiques, publication d’articles qui ne trouveraient pas au vue de leur format facilement d’espace éditorial papier [article par exemple de plus de 30 pages]. Si les revues papiers ont une existence, c’est justement parce qu’elles peuvent développer des formats spécifiques : rappelons-nous TIJA, ou bien encore regardons des revues comme Le Tube optopoétique ou bien encore Talkie-Walkie, qui pour cette dernière articule les deux dimensions selon leur propre nature médiumique.

Tout cela pour dire, que ces recommandations du CNL, sont en retard sur ce qui a lieu au niveau de la transformation du paysage éditorial français, au sens où de plus en plus de travaux aussi bien de création que de théorie vont passer par le web. Je prendrai pour exemple pour terminer, le partenariat fait avec l’Université d’Artois et le centre de recherche CRELID. Libr-critique est leur partenaire en tant que diffuseur de certains colloques sous le label « manières de critiquer« . Non pas en tant que nous numérisons, mais en tant que nous diffusons directement les conférences. Ce type de partenariat permet à l’Université de dépasser le cadre même de sa propre diffusion, en venant rejoindre un espace plus ouvert qui est celui que nous défendons. Or un tel travail, au vue des critères données par le CNL, ne pourra prétendre être véritablement reconnu.

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rédaction

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