[News] News du dimanche

[News] News du dimanche

janvier 18, 2009
in Category: News, UNE
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Cette semaine, une nouvelle libr-présentation – proposée par SAD – des libr-brèves et des livres reçus : Stéphane Baquey, Pierre Jourde, Cécile Mainardi, Alain Jugnon et les revues TINA n°2. Une nouvelle qui nous réjouit aussi, c’est la libération d’Yldune Lévy, après deux mois de détention, sans charge. Nos pensées vont aussi vers Julien Coupat, toujours incarcéré. Nos pensées aussi pour ce qui a lieu à Gaza, l’horreur de la barbarie à visage humain provoquée par le gouvernement israelien, que nulle exaction du hamas ne saurait excuser ou relativiser. À lire ce témoignage de Naruna Kaplan qu’a mis en ligne François Bon.

Libr-brèves

CipM de Marseille, lundi 26 janvier 2009, de 9 h 00 à 17 h 00 : UN TEMPS POUR LES REVUES, journée d’étude organisée en partenariat avec l’Agence régionale du Livre PACA.

Programme :

9 h 00 : Accueil.
9 h 30 – 10 h 00 : "Présentation du plan de conservation partagée des périodiques PACA", par Béatrice Pedot.
10 h 00 – 10 h 45 : "L’histoire des revues culturelles", par Caroline Hoctan, auteur de Panorama des revues à la Libération et de Mai 68 en revues , IMEC, 2006 et 2008.
10 h 45 – 11 h 30 : "Les revues aujourd’hui : situation et perspective", par André Chabin, directeur de l’association Ent’revues, coordinateur de l’association des revues plurielles (ARF).
11 h 30 – 12 h 15 : "Politiques d’acquisition en bibliothèques", par Raymond Romano, responsable du département Société (BMVR de Marseille).

14 h00 – 16 h 00 : Paroles de revues, modérées par André Chabin.
1. Revues et littérature contemporaine : avec Emmanuel Ponsart , Éric Pesty pour CCP, et Jean-Marie Gleize, Nathalie Quintane pour Nioques.
2. Pourquoi [et comment] créer une revue aujourd’hui : Brian Mura, GPU ; David Gaussen, Écrire l’histoire ; David Gressot, Et donc à la fin
16 h 00 – 17 h 00 : "De nouvelles donnes pour les revues de sciences humaines : les usages d’internet", par Marin Dacos, directeur de revues.org.

Inscription et renseignements :

Agence régionale du Livre PACA.
8/10 rue des allumettes
13098 Aix-en-Provence Cedex 2.
Aurélie Giordano (aurelie.giordano@livre-paca.org) ou Greta Schetting
(greta.schetting@livre-paca.org).

 Libr-présentation

SAD nous recommande cette semaine :

Laurent Pardo, Embrasse Madrid, éditions de la Fontaine secrète, Saint-Magne-de-Castillon (Gironde), oct. 2008, 18 €, ISBN : 978-2-916790-12-1.

Résumé :
« Alors je peux laisser s’enfuir mes pensées. Elles vont chercher les souvenirs madrilènes derrière leurs nappes de brouillard, elles soulèvent les cheveux de Sara comme un léger souffle, elles froissent les draps de Maripi, elles suivent les marcheurs de la Plaza Mayor, les rameurs du Retire et les crieurs de la Criée, elles accompagnent sans bruit les enfants à l’école, elles s’arrêtent un instant sur les bancs de la ville, elles sautent les barrières du métro, elles achètent des épis de maïs au vendeur manchot. Puis elles reviennent. Les pensées s’enfuient mais reviennent toujours. Elles nous appartiennent. »

Livres reçus

Stéphane Baquey, Le Primitivisme de Denis Roche. Lyrique amazonide, Archives contemporaines, déc. 2008, 132 pages, 25 €, ISBN : 978-2-914610-66-7.

« Dans son Œuvre d’écrivain et de photographe, Denis Roche cultive des formes d’expérience auxquelles s’est attachée la qualification de " primitives ".
Tout en s’inscrivant dans les conditions de sa société et de son temps, cette œuvre peut être en effet lue comme une reprise du " phénomène social " de la magie tel qu’il a été analysé par Hubert et Mauss. Plus généralement, elle s’approprie, en les décontextualisant, divers phénomènes issus de sociétés lointaines. Sans doute Denis Roche perpétue-t-il par là le primitivisme, en tant que composante des arts de la modernité.
Mais l’enjeu de sa pratique n’est pas réductible à la tradition du nouveau. En confrontant cette pratique avec l’anthropologie structurale, cet essai tente ainsi de montrer qu’elle est surtout l’épreuve, par un excès paradoxalement fondateur, des conditions transcendantales de l’humain. De ce point de vue, c’est de Dada qu’elle serait le plus proche. Autant dire qu’il ne s’agit pas chez Denis Roche d’un néo-chamanisme en quête d’au-delà.
Sa pratique artistique est tout à la fois un révélateur anthropologique et une activité critique. Sa lyrique amazonide est l’amplification, par les procédés d’un art poétique, qu’ils soient littéraires ou photographiques, d’une question dont la pertinence taraude encore les contemporains, pris entre sciences de la nature et retours du religieux : la question anthropologique elle-même. »

Pierre Jourde, Paradis noirs, Gallimard, en librairie le 5 février 2009, 272 pages, 18 €, ISBN : 978-2-07-012358-2.

"Trois amis, Boris, François et le narrateur, soudés contre les « bons frères » d’une institution religieuse d’Auvergne, sont liés par une amitié exclusive et violente. Ils forment un groupe envié dans ce milieu chargé de laideurs, de rancœurs et de vices sournois. Alors que les frères font un usage malsain de l’autorité, la société des enfants semble contaminée par la noirceur d’âme des adultes.
Près d’un demi-siècle plus tard, le narrateur, devenu un auteur confirmé, se retrouve en résidence d’écrivain à Royat. Avec Boris, qu’il n’a jamais perdu de vue, il fait revivre les figures marquantes des années de collège et de jeunesse : Serge, un élève doux et fragile, que les trois autres n’hésitaient pas à martyriser alors qu’il tentait de se faire aimer d’eux ; Chloé, compagne malheureuse de François. Surtout, les deux hommes évoquent la mystérieuse personnalité de ce François, que le narrateur croit avoir aperçu il y a plus de vingt ans sur un quai de gare, puis quelques jours plus tôt dans l’assistance au cours d’un débat. François reconnaissable entre mille, avec sa silhouette longiligne, son regard clair, son air toujours ironique et mélancolique.
François qui, après avoir milité dans des groupuscules fascisants, serait mort dans les combats que l’Unita angolaise livrait aux troupes cubaines à la fin des années 1970. C’est pourtant bien François qui réapparaît après des décennies d’absence, pour se confier longuement au narrateur. Il laisse remonter la figure émouvante de l’aïeule qui l’a élevé, cette campagnarde humble et généreuse qu’il n’a pas su aimer, car il en avait honte.
Le style de Jourde, dans une palette crépusculaire traversée d’éclairs satiriques, donne naissance à une splendide méditation sur la mémoire, le mal et l’amitié".

Cécile Mainardi, L’eau super-liquide, ed. Ragage, 114 p. ISBN : 2-915460-76-6. 16 €.

Thalès de Millet, posait que tout était fondamentalement, constitué de l’eau. Non pas de l’eau visible, mais d’une eau fondamentale, plus fondamentale que l’eau ordinaire, plus subtile, et sans doute plus liquide. D’une eau super liquide donc. Ce bref détour, pour introduire le texte poétique de Cécile Mainardi, qui comme avec La blondeur, prend un motif déterminé, l’eau super-liquide ("une eau plus liquide que l’eau liquide") et delà va épuiser un champ de formulations pour la définir, en montrer sa réalité d’être, découvrir ses propriétés, ses mutations. Son écriture est de celle qui, comme peut le faire  Nathalie Quintane, prenant un motif réel, va non pas l’approfondir abstraitement, mais bien le pourc[h]asser horizontalement dans des expériences possibles. Souvenons-nous d’un des textes fondateurs de ce type de poésie : Chaussures de Nathalie Quintane. Il s’agit d’indiquer des expériences, des réalités de l’eau super-liquide, car "avec l’eau super-liquide, il n’est plus question de parler de la position qu’elle aurait, pas plus que de l’état dans lequel elle serait, mais de la probabilité qu’elle trouve se à tel endroit, dans tel état, et dans telle ou telle situation" [p.31]. Ce texte se définit alors comme une poétique de l’expérience physique d’une réalité quasi-métaphysique, puisque l’eau super-liquide, est à ce point liquide parfois, que l’on se demande si elle ne dépasse pas les lois de la nature, obéissant à une vérité sur-naturelle. Mais ce motif, s’il a son importance, c’est qu’il implqiue en fait, pour Cécile Mainardi, la question même de l’écriture et de la poésie, au sens où c’est bien l’eau super-liquide qui habite et constitue le rapport que nous avons à la langue, car seule la langue dans ses jeux, dans ses possibilités d’énonciation, peut traduire, ce qui échappe de toute observation, y compris par temps de pluie super-liquide [p.41]. "Je me baigne dans le bain de l’extrême possible, en entrant phrase par phrase dans l’eau super-liquide" et ces phrases elles-mêmes peuvent naître et se verser dans d’autres phrases par le pouvoir de mobilité de l’eau super-liquide [p.53]./PB/

Alain Jugnon, Encyclique anale, vous n’aurez plus jamais mal, ed. Parangon/Vs, 121 p. ISBN : 978-2-84190-3, 8€.

Il est des livres joyeux, des livres que l’on lit d’une traite, sans pause, car pris dans leur flux, une forme de tension irrépressible saisit la pensée à son contact. Le livre d’Alain Jugnon fait partie de ceci. Format court, pour un essai dans l’héritage sophistique, et donc poétique, et donc rhétorique, de Protagoras : "L’homme est la mesure de toute chose", donc, si en tant qu’homme l’essentiel pour moi ce sont mes hémorroïdes analement localisés, alors l’anal et la douleur hémorroïdaire sont le principe de lecture de toute. Puissant syllogisme s’il en est un, car derrière la f[a/o]rce de ce trait (au sens de Nietzsche dans Le Crépuscule des Idoles), se dévoile toute une tradition de l’analité ontologique, qui loin d’être extirpée des entrailles secrètes de l’histoire humaine est bien présente et visible, que cela soit chez Daumal, Artaud ou Nietzsche. "J’ai appris récemment, dans mon lit d’hôpital de source sûre, que les hémorroïdes sont un mal proprement philosophique" [p.9]. Cet essai, qui est un cri de vie, de la vie de la douleur anale d’être au monde, est une vivifiante critique de la religion symboliquement instituée par des dogmes et des croyances fixées : d’abord et avant tout le faux catholicisme; car le "catholicisme n’est pas catholique" comme Alain Jugnon le démontre à partir de Daumal et de son Nerval nyctalope [p.43]. Livre de vie, car livre qui pose l’universel singularité qui porte chaque individu, non divisible et rabattable dans la vérité définitionnelle d’une métaphysique qui en fixerait la vérité. Ainsi, tel qu’il l’exprime dans l’horizon d’Alain Jouffroy, et de ce qui a détermine son Individualisme révolutionnaire : "Il y a donc une vérité : quelqu’un ici et maintenant. Un individu est là en prise réel, en flagrant délit d’être, là, car on voit bien qu’il y est et qu’il en est" [p.98], ou encore dans l’héritage rejoué de Deleuze : "cette singularité, simplement là, présente et vivante, produit la déflagration qu’il faut dans la chrétienté mais aussi dans la mondialisation" [pp.112-113]. /PB/

Revue TINA n°2, ed. è®e, 200 p. ISBN : 978-2-915453-49-2 // ISSN : 1967-6042. 10 €.

Ce second numéro, comme je l’analyserai dans une chronique, est encore plus consistant que le premier, notamment grâce à un très bon dossier de 70 pages sur la publication, le démarchage, le consulting, l’agent littéraire. Ce dossier, tel qu’il est mené, interview, recherche d’outils pour décrypter la réussite d’un roman, articles de fond, permet une approche qui déroge aux habituels poncifs qui mettent en critique la RBL, comme l’avait énoncé Chloé Delaume dans le numéro 1 de la revue. Avec ce second numéro, une chose est certaine, c’est que TINA, montre la spécificité de sa présence et apparaît déjà comme une revue très importante en ce début du XXIème siècle, qui s’intéressant à la réalité existante de l’industrie du livre et des enjeux de résistance qui y sont étroitement liés, tente de bien discerner les lignes de possibilité pour une littérature exigeante et critique./PB/

 

 

 

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rédaction

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