[News] News du dimanche

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février 7, 2010
in Category: News, UNE
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En cette première semaine de février 2010 qui marque le début des vacances pour la zone B, nos livres reçus : Daniel Pozner, Pft ! et Régine Vandamme, Feu ; nos Libr-brèves : conférence d’Antoine Emaz et lecture de Daniel Foucard. /FT/

Livres reçus

Daniel Pozner, Pft ! (en couverture : Gérard Fromanger, Tirez ! Tirez !, 1971), Le Quartanier, Montréal, automne 2009, 80 p., 8 €, ISBN : 978-2-923400-33-4.

Présentation auctoriale :
"Ils passent dans la rue. Pft ! Ombres déjà, bambins encore. Entre les gouttes ? Pft ! Chaque vers est une flèche. Tirez ! Tirez ! La pointe aiguë – c’est-à-dire insolente, c’est-à-dire dans l’œil, c’est-à-dire intime. Pft ! Chacun dans la main un polyèdre inattendu : aucun n’est semblable, tous ont une forme, la leur. De la couleur, pour mieux comprendre, pour se perdre. Pft ! Histoires impromptues, (im)personnelles, prochelointaines."

Premières impressions :
Pft !… Cette onomatopée est le sésame d’un ensemble divisé en sept parties dont le registre et la respiration diffèrent : "/ ajoutait un rayon /", "Pft !", "Mais ?", "/ n’est qu’un reflet fragmentaire /", "/ oui, si l’on y met de la modération, de la réserve /", "Quelques leçons d’anatomie, pourrait-on dire", "Imaginer la suite".

Pft !… Cette onomatopée est le sésame d’une poésie qui commence par rappeler les ritournelles prévertines avant de nous entraîner dans un tourbillon d’impressions au fil des énumérations et homophonies inventives, des montages cut, de telle référence à Baudelaire, de telle "grammaire parturiente"… Qu’on se laisse emporter :

"Le ring aux cordes usées
Le dring à la cloche fêlée
Le drink sifflé
Le dingue au corps fêté" (p. 22).

Régine Vandamme, Feu, Le Castor Astral, collection "Escales des lettres", Bordeaux, février 2010, 160 pages, 13 €, ISBN : 978-2-85920-755-7.

Présentation éditoriale :
"Reclus dans son appartement où il tente de survivre à la dérive de son existence, Hughes Worm, journaliste autrefois promis à un brillant avenir, sombre dans le désespoir, loin des siens, loin du monde, à l’âge de 44 ans. D’heure en heure tout au long d’une journée caniculaire, son histoire se dévoile, banale, bancale, l’histoire d’un homme aux prises avec un mal-être contre lequel il a renoncé à se battre. Seule sa mort est en marche. Feu est un roman obsédant qui fait éclater des vérités crues et cruelles. L’écriture est intense. Chaque phrase parle juste, cogne et fait mal. Écrit à la deuxième personne du singulier, le "tu" sans cesse renouvelé résonne comme un cri.
On pense à Henri Calet qui écrivait : "Ne me secouez pas, je suis plein de larmes."

Note de lecture :

"L’avenir est un chien crevé sous une armoire"

Le Feu de Barbusse renvoyait à l’Histoire, la grande – celle de la Grande Guerre –, ce Feu-ci à l’histoire : celle d’un quadragénaire "sans le sou", en perte d’identité comme on dit en perte de vitesse, qui survit, après sa rupture avec son épouse et ses quatre enfants, grâce à son viatique, mélange anesthésiant d’alcool, de médias et de médicaments.

Pour n’avoir jamais accédé "à l’âge d’homme", celui qui n’a "pas réussi à combler l’écart entre [son] royaume imaginaire et la réalité advenue" (p. 86) voit son sort scellé en une seule journée caniculaire, entre 9H37 et 19H26 exactement.

Quant à son ex-compagne, elle est celle qui n’a jamais trouvé sa place : "Quand on n’a pas de place, on a l’impression affreuse qu’on n’existe pas, qu’on est tombé d’une planète isolée dans un monde sans histoire, qu’on est de trop partout où l’on se pose, qu’on n’appartient à personne ; on a des fantasmes d’absence, d’effacement, de disparition" (137).

"Est-ce ainsi que les hommes vivent au XXIe siècle ?" (102).

Quoique relevant de l’ENA (Ecriture Neutre Actuelle-académique) et d’une forme de littérature moderne datée – celle d’une littérature existentialiste d’avant-garde qui, de La Nausée de Sartre à L’Homme qui dort de Perec, en passant par le Nouveau Roman, renonce à la sacro-sainte troisième personne du singulier au profit de la première ou, comme ici, de la deuxième –, ce récit vaut néanmoins par la manière avec laquelle il expose un nouveau type d’homo absurdus : l’homo connecticus" (49).

Libr-brèves

Mercredi 10 février 2010, de 13H à 15H, conférence d’Antoine Emaz, "La poésie, pour quoi faire ?" Maison des écrivains (Petit Palais de Paris, Avenue Winston Churchill 75008 Paris).

Jeudi 11 février, de 19H à 22H, à l’occasion de la sortie de CASSE (Laureli/Léo Scheer), François Morice invite Daniel Foucard à la librairie Pensées classées pour une soirée lecture/discussion/signature (9, rue Jacques Coeur 75004 Paris).

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rédaction

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