[News] News du dimanche

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mars 14, 2010
in Category: News, UNE
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Cette semaine, nous avons bien envie de commencer par un MERCI à tous ceux – auteurs, éditeurs et autres libr-lecteurs – qui, de plus en plus nombreux, nous donnent de l’élan en nous confiant à quel point Libr-critique leur est devenu indispensable… Ce lieu continuera donc à pratiquer, sans complaisance et dans l’exigence comme l’esprit d’ouverture, la libr-réflexion sur notre monde comme sur les formes de création et de pensée les plus diverses.

Au programme ce soir : l’événement que constitue la parution du collectif lancé par la revue Hapax suite à deux polémiques récentes sur la critique et les frontières de la poésie (Disputatio XXI) ; les deux volumes du Journal de JULIET que POL met à notre disposition ; nos Libr-brèves.

Événement : DISPUTATIO XXI

► Disputatio XXI, à lire avec Calaméo sur le site HAPAX ; à conserver et méditer en commandant le volume qui paraîtra le 22 mars (146 pages, 15 € : télécharger le bon de commande).

Problématique : Comment expliquer que puisse ressurgir en 2010 le débat qui oppose les partisans de la "poésie écrite" – dont Roubaud s’est fait le chantre – et les adeptes d’autres pratiques poétiques, qui estiment que l’écrit est travaillé par la voix (Prigent) ou que "poésie" est aussi le nom de manifestations scéniques (Bobillot) ? Est-il légitime d’opposer ainsi "poésie savante" et "poésie parlée" (ou "post-poésie", "poésies scéniques", etc.) ?
Par ailleurs, faut-il s’enfermer dans cette alternative : ou le critique analyse les formes nouvelles en se servant des outils théoriques nouveaux mis à sa disposition, ou il demeure cantonné dans les limites de la rhétorique classique ? /FT/

Sommaire :

* "Contexte. La poésie est un sport de combat (et d’endurance)", par Samuel Lequette
* "La Bande-son de la poésie contemporaine", par Samuel Lequette
* "L’autre de la critique", par Philippe Boisnard
* "Disputatio", par Eric Houser
* "Moderne et post-moderne", par Jean-Claude Pinson
* "Des ordres politico-poétiques en Franche-poésie", par Samuel Lequette
* "Les humeurs de M. Roubaud (et autres vrais poètes)", par Jean-Pierre Bobillot
* "Chaud et froid – neutre (apostilles à une seconde querelle", par Jean-Claude Pinson
* "Frontières actuelles de la poésie. Approche sociogénétique du débat", par Fabrice Thumerel
* "Après la poésie ? La poésie…", par François Vaucluse
* "Exception ou amorce tendancielle – Du droit de critique", par Jean-Marc Baillieu.

Charles JULIET (1934) : Journal I (1957-1964) / Journal VI (1993-1996)

Charles JULIET, Ténèbres en terre froide. Journal I : 1957-1964, réédition en semi-poche (1ère édition : 2000), P.O.L, 2010, 392 pages, 10 €, ISBN : 978-2-84682-455-2 ; Lumières d’automne. Journal VI : 1993-1996, P.O.L, 2010, 280 pages, 14,90 €, ISBN : 978-2-84682-370-8.

Impressions soleil couchant :

Pour aborder l’œuvre d’un des diaristes contemporains majeurs, on suivra quatre fils, non pas tant rouges que noirs…

Fil noir 1. Les titres de ces premier et dernier tomes du Journal donnent le la : la tonalité est grave, comme la vie sans doute aux yeux de celui pour qui le territoire scriptural est aussi âpre que l’univers paysan dont il est issu. On peut lire une esquisse d’explication dans cette notation du 28 janvier 1958 : "L’écrivain doit être jugé autant sur sa vie que sur son œuvre, car celle-là conditionne celle-ci. Une vie soumise à la facilité, ou au jeu, ou à l’ambition, ne peut que conduire à une œuvre étriquée, fausse, mensongère" (I, p. 43).

Fil noir 2. Contre "le quotidien, l’humiliant quotidien" (I, 53), l’écriture, ce fil noir qui permet "de devenir à soi-même sa propre cause" (I, 138). D’où, peut-être, ce constat : "L’écriture a donc fini par tuer en moi tout sentiment humain" (I, 257).

Fil noir 3. Entrons dans cette masse de près de 700 pages couvrant douze années par un biais arbitraire qui en vaut bien un autre : la date de ce jour, le 14 mars.

14 mars 1962 : Angoisse existentielle.
14 mars 1963 et 1964. Paradoxe : bien que conscient "des déterminismes psycho-physiologiques qui nous conditionnent", l’écrivain doute que les sciences humaines puissent rendre compte de l’œuvre, allant jusqu’à remettre en question l’objectivité du sociologue.
14 mars 1994 : Évocation du "père de D.", résistant déporté.

Fil noir 4. Comme celle d’Annie ERNAUX, l’écriture de Charles JULIET constitue une réappropriation moderne de la rhétorique classique : clarté et vérité ; esthétique du neutre en plus. Seulement, sans doute parce qu’il est un "exilé de l’intérieur" (formule d’Elisabeth Roudinesco dans un article sur Freud), la notion de journal extérieur lui est étrangère : rien sur la guerre d’Algérie, De Gaulle ou Mitterrand, les événements internationaux… (à ceci près : le volume VI mentionne la situation des enfants en Roumanie et les événements dans l’ancienne Yougoslavie). D’où ce jugement de Claude Mauriac sur l’auteur de Lambeaux (1995) : "à distance de tout ce qui n’est pas son univers intérieur" (VI, 32). C’est peut-être justement ce qui fait la spécificité et l’authenticité de son entreprise, ainsi qu’il l’explique : "Ce que je suis ne m’intéresse pas outre mesure, et je voudrais tenir ce Journal sans avoir à parler de moi. Mais que dire de la vie si on ne la puise pas en soi, à la source, là où elle palpite, là où surgissent et se déploient émotions, sensations, impressions, sentiments, idées…" (p. 96). Cette posture introspective n’a de cesse d’éviter ce qui, à ses yeux, serait imposture. /FT/

Présentation éditoriale :
Journal I :
"Mais quand ces questions le taraudent, l’être n’est pas à même de se les formuler. Elles ne sont tout d’abord qu’un malaise, un désarroi, une lancinante sensation d’exil, l’âpre nostalgie de ce que l’on ne saurait nommer, une infranchissable solitude. Et c’est à son insu que l’être se trouve progressivement engagé dans une aventure dont il ne soupçonne ni en quoi elle réside, ni où elle est susceptible de le mener.
Dans ce journal, le premier tome qui va des années 1957 à 1964 et que nous avons déjà édité en grand format en 2000, nous découvrons un Charles Juliet aux prises avec l’ennui, le dégoût, la peur, le marasme, la haine de soi, la menace d’une issue tragique. Mais rien ne peut le détourner de poursuivre sa quête. Armé d’une inflexible résolution, il s’acharne à se désentraver, se mettre à nu, explorer l’un après l’autre chacun des recès de son labyrinthe."

Journal VI :
"Une quinzaine d’années séparent Charles Juliet de ce Journal qui paraît en ce mois de février 2010, mais quelle importance ? Il se reconnait d’autant mieux dans celui qu’il était à cette époque que le besoin qui le poussait à tenir un Journal ne la pas quitté. Ce besoin est apparu à l’adolescence quand, écrasé d’angoisse, il a pris conscience que le temps l’entraînait inéluctablement vers la mort. Pour éviter que tout disparaisse de son existence, il fallait réagir, garder trace de ce qu’il vivait, recueillir dans des notes le meilleur de ce qui lui était donné.
Les années ont passé et l’automne tant attendu a fini par venir. L’automne, saison du déclin, mais aussi saison des récoltes, de l’abondance, de la maturité. En ces mois de l’année, la lumière qui certains jours inonde les champs n’est plus celle de l’été. De même, sous l’effet du temps écoulé, la lumière interne s’est modifiée. Enfin stable, apaisée, elle est désormais plus claire et plus vive.

Libr-brèves

Lecture, dans le cadre du Printemps des poètes, avec Sandra Moussempès, Anissa Mohammedi, Isabelle Zribi, Marc Delouze : 17 heures, le 20 Mars, Bibliothèque Robert Desnos, salle Boris Vian, Montreuil (métro Mairie de Montreuil).

Dédicace de Pas le bon, Pas le truand, roman de Patrick Chatelier à paraître le 18 mars aux éditions Verticales (dont je viens de commencer la lecture avec plaisir ! – FT) : Mardi 30 mars, de 20 h à 21 h, Salon du livre de Paris, Porte de Versailles, stand N75.
« Avec Pas le bon, Pas le truand, Patrick Chatelier rend ses lettres de noblesse à un genre "mineur", le western spaghetti. Évitant la surenchère parodique et le simple clin d’œil pour initiés, il préfère ranimer la sauvagerie poétique qui hante ces tragédies en cinémascope. Et revenir aux sources de certains clichés, au tout premier degré, en leur redonnant chair et parole de l’intérieur. » (Yves Pagès).

 

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rédaction

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