[News] News du dimanche

[News] News du dimanche

novembre 16, 2008
in Category: News, UNE
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   Aujourd’hui, une importante actualité éditoriale : les Yes men, J.G. Ballard, Pacôme Thiellement, Nicolas Richard, Brandon LaBelle, Stéphane Bérard, Raphaël Majan, entre autres …

[Sur le web]

[+] Ce qu’il ne fallait pas manquer sur le web pour les européens, c’était le hoax-anticipatif des Yes Men. Cette semaine, une des plus importantes créations de hoax journalistiques a eu lieu aux Etats-Unis avec la vente de 1,2 millions de faux New-York Times et la mise en ligne de la version web. Cette initiative a été lancée, il y a quelques mois par les Yes Men, hacktivistes des réseaux médiatiques, ayant pour principe de lutter contre les dérives sociales et politiques liées à l’ultra-capitalisme et concrètement à l’administration Bush. Les Yes Men, on les connaît plus ou moins à travers les substitutions qu’ils ont pu réussir lors de colloques internationaux, comme par exemple à l’OMC ou de congrès sur l’énergie (l’affaire EXXON). Ici, une autre logique est appliquée. Ils ont fait réaliser un journal, daté de juillet 2009, transformant la réalité politique et géopolitique internationale des Etats-Unis, transformant de même en profondeur les rapports économiques entretenus par le journal avec ces annonceurs. Ce hoax, ne se donne pas comme accentuation d’une réalité donnée, comme ce fut le cas avec EXXON, où une forme d’hyperbole cynique de l’ultra-capitalisme fut réalisée (création d’une énergie avec les cadavres humains dont ils donnaient un exemple avec la distribution de petits bougies faites de graisse humaine), mais comme projection idéalisée du futur, tentative créative d’une prédiction de la politique du nouveau gouvernement américain sur 10 mois. Ici, plus que de détailler le coeur de cette réalisation, il est davantage intéressant de comprendre quelle peut être l’efficacité de cette réalisation au niveau intentionnel. 1/ Constatons tout d’abord que la réalité est en grande parte définie par les intermédiares médiatiques. En ce sens les possibilités de prédiction de la part des citoyens, si elles peuvent se nourrir d’autres sources référentielles non actuelles (par exemple des essais, ou bien des livres de philosophie), elles restent pour le grand nombre attaché aux données fournies médiatiquement. 2/ Un hoax-anticipatif, s’il est une fiction, toutefois, il détermine un horizon potentiel de devenir par rapport à l’objet concerné (ici la politique états-uniennes). Il n’ouvre à rien de réel au niveau du champ empirique ou historique, mais il permet à la conscience de percevoir des potentialités concrètes. Il s’agit d’une suggestion intentionnelle mettant à l’épreuve dans sa présentation la crédulité du lecteur. 3/ Par la réalisation du hoax et sa diffusion de masse, il y a introduction d’un filtre de perception, qui s’il peut laisser incrédule, permet aussi de poser un conditionnel au niveau de la prédiction. "Et si…" 4/ Dès lors, en ouvrant un tel horizon potentiel de l’évolution politique, les Yes Men, rebondissent en quelque sorte sur le "Yes, we can" d’Obama, au sens où ce we can est actualisé médiatiquement dans le hoax. Il y a présentification du pouvoir dans l’information fausse. Lire aussi su tout cela l’entretien sur poptronic d’André Gattolin./PB/

[+] Le site Libr-critique est passé à l’ère de la mobilité. Vous pouvez vous connecter directement à L-C via Iphone ou Ipod Touch, vous tomberez sur la version ergonomisée du site. De plus en plus de sites vont passer à la double version, au sens où elle est bien plus pratique d’accès et beaucoup plus légère à gérer sur ces plate-formes mobiles. Après 15 jours d’usage intensif de mon ipod touch : non je ne lirai aucun livre dessus. J’ai essayé, impossible, insatisfaisant, beaucoup de gâchis tout simplement. Sans doute mieux avec une liseuse (je vous en dirai plus en janvier après essai). Ce qu’il manque : le format livre (standardisation du format à l’écran, grand ciel, quand je vois les livres que j’aime et leur format si spéciaux par moment, je m’étonne que l’on puisse sacrifier cela, comme si ce n’était qu’accessoire), et surtout la maléabilité, au sens où un livre est un corps que l’on touche, plie, corne, écorne, sur lequel on prend des notes (et j’en prends toujours énormément)… Donc ce n’est pas fait pour lire des livres. Mais par contre c’est très pratique pour le web (et la vie numérique : facebook, mail, etc) et des articles courts ou moyennement longs. Grand plaisir à suivre l’actualité ainsi, surtout les sites ergonomisés pour ce type d’interface (tels Le monde.fr ou encore dans nos contrées ouvertlanuit.net de François Bon)./PB/

[Livres reçus]

[+] Nicolas Richard, Façades, livre CD, La maison édition, ISBN : 2-525516-2-6, 15 €. Ce qui est toujours réjouissant, en s’occupant de libr-critique, c’est de découvrir nombre d’expériences littéraires, de maisons d’éditions peu connues, qui tissent le territoire français. Je ne connaissais pas avant de recevoir Façades, cette petite maison d’éditions. Le livre de Nicolas Richard est très beau esthétiquement, un peu pop comme je les apprécie, livré avec un Cd audio, qui donne à entendre de quelle manière, le texte est repris oralement lié à une dimension sonore expérimentale electro-rock. S’approchant des façades, jouant de la la répétition et des liaisons par contiguité entre des phénomènes anodins, il donne à entendre un univers sonore particulier de très grande qualité. Il faut rechercher du côté de Bernard Heidsieck ou d’Anne-James Chaton, pour une certaine parenté, plutôt que de Bobillot ou encore Thomas Braichet et Lespinasse, pour ne citer qu’eux. Nous consacrerons un article à ce livre dans quelque temps./PB/

[+] Brandon LaBelle, Live Bootleg, Les Presses du Réel, 2008, livre de 192 pages + CD audio, 20 €, ISBN : 978-2-84066-236-5.
"Sous une couverture en affiche pliée, cette publication offre une vue d’ensemble des installations, des dispositifs sonores et des environnements de l’artiste-musicien expérimental. Trois essais proposent une présentation générale de son travail et exposent les problématiques théoriques inséparables de sa pratique. Le livre rassemble également un long entretien avec LaBelle, un projet spécifique (une collection de chansons constituée à partir de souvenirs radiophoniques envoyés par des participants du monde entier), des vues d’installations et leurs notices, le musée d’instruments de l’artiste, les descriptifs des performances enregistrées sur le CD inclus"./FT/

[+] Pacôme Thiellement, L’Homme électrique, Nerval et la vie. MF éditions, collection frictions’essais. 171 p. ISBN : 978-2-9157-9436-6. Pacôme Thiellement, partant de la question du rapport au désir et à la femme dans la poésie, montre comment Nerval s’est inscrit en écart, voire dans une certaine opposition à l’amour courtisan ou troubadour,  en développant un antérotisme, qui "n’est ni une forme de puritanisme ni une variante de la puduer", ni non plus un "culte de la mort, Thanatos", mai sbien plutôt une "rage amoureuse déçue, une formalisation des impulsions désordonnées de la Vengeance face à la duplicité de l’aimée et aux victoires remportées par l’injustice de l’Histoire" (pp.34-35).  Approfondissant ce rapport à l’amour, et déconstruisant les représentations de Nerval, en montrant en quel sens il faut éviter une ésotérisation symbolique des poèmes, il explore les liens entre magie, énergie et corps du poète, afin de montrer à quel point "en occident, c’ets Gérard de Nerval qui présentera le vrai corps de résistance et d’insurrection, le vrai corps du poète (…) c’ets un corps dupure énergie, affecté par tout ce qui l’entoure, mais en lutte contre toutes les formes d’influence qui le traversent, dévisagenat chaque influence pour en tirer le fétiche et la force qui la conjurent au coeur de son horloge inversée" (p.157). Analyses très fines, souvent auto-réflexives et n’hésitant pas à interroger intertextuellement aussi bien le passé historique dont s’est nourri Nerval, que ses successeurs et leur regard sur son oeuvre (notamment Artaud), l’essai de Pacôme Thiellement est essentiel pour ceux qui veulent approfondir aussi bien la poétique de Nerval que les enjeux de la poésie au milieu du XIXème siècle./PB/

[+] Stéphane Bérard, Ce que je fiche II, ed Al Dante, 192 p. ISBN: 978-2-84761-906-5. 21 €. Ce livre est constitué de fiches (186), d’un catalogue de fiches, de projets ou de photos, ou d’amorces de travaux de Stéphane Bérard. L’esquisse, le croquis architectural, le détournement, la blague potache comme oeuvre. L’oeuvre comme accumulation de pensées qui s’en fichent, d’une pensée qui (se) fiche sa manière de traverser, amusée, détachée, l’existence dans laquelle elle se trouve. Forme de mise à distance du sérieux de l’art dans la multiplication d’une création au quotidien, d’une libération permanente d’un imaginaire transgressant les bornes de la réalité donnée. Ce qui ressort de l’ensemble, tient à une mise en déséquilibre totale du monde, à partir de lignes de création qui en modifierait aussi bien le sens que les objets. Sur ce point, les inventions de machines ou d’architectures sont des plus intéressantes : au sens où en fétichisant des objets du quotidien par la fiche, il en transgresse les valeurs d’usage par les modifications techniques ou relationnelles qu’il inroduit. Coffre de voiture, transformé en coffre à chat (p.90), bibliothèque d’habits (p.98), coupe de champagne anti-UV (p.105), hall d’immeuble célibataire (p.106, qu im’a vraiment fait beaucoup rire), costume compensatoire (p.118), etc… Monde, qui au fure et à mesure des fiches, devient absurde, absurdité révélant l’absurdité de ce qui se présente comme les éléments référentiels de ces créations. Car ne nous y trompons pas, ce qui ressort de l’ensemble, et ceci non frontalement comme pourrait l’être une attaque explicite de la société occidentale, c’est bien une forme critique de cette société. Mais, en évitant toute forme de pathos par le biais du rire, du déraillment absurde d’un monde d’objets qui d’un coup s’engendrerait dans des formes quasi-monstrueuses./PB/

[+] Raphaël Majan, Espion es-tu là ? et Shopping sanglant, P.O.L, 2008, 208 pages, 12 € ; ISBN : 978-284682-285-5 et -284-8.
La série des drôles d’enquêtes ou des enquêtes drôles du commissaire Liberty Valence se poursuit… Ces jours-ci, découvrez deux nouveaux antipolars jubilatoires, avec comme fils rouges ces extraits des Carnets du commissaire Liberty : « Ce n’est pas un espion qui va trouver immoral d’être assassiné. " « On pleure moins les victimes quand elles réduisent l’affluence. "/FT/

[+] J.G. Ballard, hautes altitudes, (dir.) Jérôme Schmidt et Émilie Notéris, ed. è®e, 220 p. ISBN : 978-2-915453-47-8, 18 €. Ballard seulement auteur de SF ? Voilà la question de départ. Ballard, pour beaucoup de ses lecteurs, dont je fais partie depuis très longtemps, n’est en aucun cas réductible à cette seule étiquette. Car, comme le précise parfaitement Dominiq Jenvrey dans E.T. fictions concrètes, être (dé)tenu dans cette catégorie, c’est irrémédiablement être en-dehors de la littérature selon ls gardiens de celles-ci, qui crachent sur tout ce qui leur apparaît dans une pop-culture. Ballard n’est pas un auteur de SF, car tout simplment il est écrivain et que l’écriture chez lui transgresse les limites qui seraient fixées : tirant ses matériaux aussi bien de la politique, que des sciences, que de la psuchologie humaine, que des arts, il a créé une oeuvre assez unique, à mettre en parallèle de celle de Philip K. Dick, qui n’est pas à classer du côté des fantaisies, mais bien plutôt des manuels de perspective temporelle anticipatrice. Décryptant notre présent comme seuil de l’avenir, sa littérature est prédictive, à savoir énonce les mutations à venir de notre monde occidental. Ce livre, où sont regroupées beaucoup d’interventions, notamment un entretien avec David Cronenberg, un article de Bruce Bégout et des entretiens avec l’auteur lui-même, nous permet de saisir non seulement tout son parcours littéraire (et ainsi d découvrir ses fictions expérimentales, qu’il a crées pour les plus importantes en 1958 (roman entièrement conçu pour des panneaux d’affichage) ou encore entre 1967 et 1971 (cinq annonces réalisées pour la revue Ambit), mais en plus de nous requestionner sur ls enjeux de la fiction et du roman. /PB/

[+] Joute-boxe, Miscellanées sous la direction de Pierric Maelstaf, avec François Bégaudeau, Philippe Boisnard et Régine Detambel, ed. du Sagittaire, 123 p. ISBN : 978-2-917202-08-1, 15 €. Ce livre est issu des Rencontres Boulevard Saint-Beuve de la critique de Boulogne-sur-Mer. Ces rencontres ont la particularité non pas de concerner un art ou un domaine particulier, mais de se constituer autour de la question de la critique quelque soit le domaine. Et c’est ici toute sa pertinence, comme j’ai pu le constater, ayant été invité à porter un regard critique d’ensemble sur cette manifestation. Dans le livre, le lecteur y trouvera toutes les approches qui ont eu lieu : aussi bien au niveau poétique, que cinématographique, chorégraphique, culinaire, etc. Ces approches permettent de saisir l’enjeu de la critique et de quelle manière celle-ci est sans doute une activité à développer de plus en plus dans le Leurre actuel. /PB/

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rédaction

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  1. Pingback: Libr-critique » [Livre + chronique] Nicolas Richard, Façades

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