[Texte] Joël Hubaut, ÉpidémiK (4)

[Texte] Joël Hubaut, ÉpidémiK (4)

mai 13, 2020
in Category: créations, UNE
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[Texte] Joël Hubaut, ÉpidémiK (4)

Nous sommes très heureux d’accueillir la série de textes que Joël Hubaut a écrits dans les années 70 – aujourd’hui introuvables. Car nous le tenons pour l’un des plus grands créateurs de sa génération. [Lire le troisième texte]
Dans INTER-ACTION C.L.O.M. (Joël Hubaut) (Le Clou dans le fer, 2007), Philippe Boisnard rappelle que, pour lui, « le terme d’épidémiK, loin de s’entendre au sens viral, doit s’entendre selon le principe d’une cancérisation » (homogénéité vs hétérogénéité). [Lire sur LC : « Lissez les couleurs »]
Fabrice Thumerel : « Étrangère au style comme appropriation idiolectale de la langue, la cancérisation épidémik fait sortir la langue de ses gonds. Dans lissez les couleurs ! à ras l’fanion (Al dante, livre + CD, 2003), à la mollesse de la « langue pure moulée à la louche », le poète excentrique oppose « une langue libre démoulée » » [cf. « Poésie, musique et chanson dans le champ poétique contemporain »]

 

Il faudra macérer la peinture jusqu’aux changements d’état. Alchimie des vapeurs indicibles dans les tas, la matière se transforme en souffle sans le vent, y’a pas de vent, c’est vivant fixe impassible, le mouvement savant est fixé dans son tremblement sans vent – Epidémie du souffle statique qui flotte en suspens pour se répandre au ralenti, peinture planante en volume, invasion de l’espace du souffle comme sculpture épidémik – Epidémie du tripotage visuel, épidémie du décollement, épidémie du vide pour remplir le réel de sa doublure démultipliée, expansion agitée inanimée, la peinture reproduite s’auto-reproduit pour se répandre en saturant, elle grossit pendant que la contamination muséale devient pandémique avec les spéculations, CKKE global, résistance, cris des tiques creusant la chair en éjaculant les bâtonnets contractils épidémiks – Epidémie infiltrée dans les câbles, rognant les fibres et les gaines, anus dilaté, épidémie obèse enchevêtrée dans les tumeurs qui convergent aux ramifications engendrant d’autres contagions plus extrêmes, invisibles, inimaginables, déconcertantes, démultipliant les tumeurs et les infections, épidémie épidermique à fleur de peau, poils hérissés dans les enceintes, peau tatouée, paupiettes maquillées, cyclone mental épileptique, rognures, haut parleurs de propagation artsecticide, diffusion-pollution-diffusion, tubes et tuba, la peinture se respire, active, contaminante jusqu’à l’étouffement, épidémie, épidémie, épidémie dans les slips ……… /Joël Hubaut, 1976/

« ATOME EPIDEMIK », acrylique sur toile, (130 x 97 cm). Série peinture cut-up grise, galerie noire Paris. (Une sérigraphie à été éditée par la revue L’Oeil Lisant (à côté de ce que vous êtes en train de lire) dans les ateliers de Michel Caza, Paris ) Joël Hubaut 1974.

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Fabrice Thumerel

Critique et chercheur international spécialisé dans le contemporain (littérature et sciences humaines).

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