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[Texte] Stéphane KORVIN, « Billie day » (vaste, wasted)

septembre 17, 2009
in Category: créations, UNE
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Stéphane Korvin est né en 1981. Il vit et travaille à Paris. Avec le geste photographique, il saisit les intersections entre espaces réels et imaginaires. Il a travaillé notamment sur des textes d’Aimé Césaire et de Marguerite Duras. Avec les mots il approche, questionne le contour et le lien. Ses travaux sont publiés dans des revues (A verse, ARPA, Pyro, N4728, etc.) et sur son site.

Voici le premier extrait d’un recueil intitulé vaste, wasted, qui mêle synesthésies et cup-ut pour évoquer une journée sous le signe de Billie Holiday.

Aujourd’hui
j’ai vu une grande brune sous la pluie, black cover
une petite brune en plein soleil (l’inverse aussi était
flatteur)

j’écris aujourd’hui
flat : cela va durer
et pas 07.07.09 (là rapetisse la journée)

très vite après le café j’ai
branché Billie Holiday, voyage cruising (sofa et coton dans
les bras) voyelles
timbre chaud et vapeur, pendant le pont les trompettes
agissent en voix synthétiques (+ nuages de souffle) le
métal est chaud, les mots ne se découpent pas

c’est l’été, supermarché vide, marche dive
allées rangées à leurs habitudes : légumes fleuris, yaourts
en pots, je marche sur de la cellophane dans la
décroissance de minutes lentes, encore jamais vues ici
(supermarché, taille réelle)

dans mon oreille, l’écho déformé de Billie Holiday

un brouillard humide me lèche le lobe, une langue de
groseille salive et aussi la voix de Billie Holiday une
chambre où se reposer, le corps flâne

 

en rentrant i’m fallin in the
summer, très doucement les pieds nus flottent sur la
moquette, attenant au balcon, trois gardénias enflent à
découvert

abcès
réunis sur la page cela fait des taches rouges, des traces de
bonbons qui seraient restés pour écouter

j’aimerais demander à une femme de m’accompagner
couler dans les rues en voiture avec Billie Holliday (sucre
d’oreille) et Vittorio Gassman il sorpasso

cramer les bords de la journée avec de nouveaux sucres
d’elle

je n’ai aucune explication ; les mots sont en plein air, et
en dessinant une partie du poème s’est effacée

mêmement le soleil pourrait passer sur la page et aussi les
régions entières de la journée qui n’ont pas été attribuées

lieux nus de lumières inattendues

maintenant en boucle in my
solitude, dissolution du sucre dans l’air
en partance de la langue, des cercles rouges se lassent,
retombent chargés, satin

c’est très agréable cet engourdissement sans se laisser aller
à dormir

je vais quand même essayer
m’endormir
pour les joues gonflées
pour tenter une nouvelle trompette take my lips

langue d’été
dés on verra

espérant une nouvelle fois emmener avec moi une voix
porte-bonheur.

Et dans la journée la douceur saturait Billie Holiday.

, ,
rédaction

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