[Revue] Université chilienne, n° 1

[Revue] Université chilienne, n° 1

juin 23, 2010
in Category: chroniques, Livres reçus, UNE
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Université chilienne, revue trimestrielle publiée par les éditions Nicanor Sensini (10, rue Aristide Briand 87350 Panazol), n° 1, juin 2010, 64 pages, 12 €.

Nous tenons à saluer le premier numéro prometteur de cette revue à regarder, lire et méditer – que l’on gagnera à se procurer dès que possible dans certaines librairies ou par commande (contact@universitechilienne.fr).

"Tu es fait pour la colère, écris dans la colère, pour l’ironie, écris dans l’ironie.
Tu veux être ton temps, pousse jusqu’à l’acte ce qu’il te fait ressentir.
Plus l’acte sera profond et inavouable, plus il sera une invention fidèle" (Joë Bousquet).

Il est très rare de rencontrer dans nos campus un jeune étudiant de 19 ans qui, comme Antoine Parat – rédacteur en chef de l’Université chilienne –, œuvre à faire sien ce souhait de Walter Benjamin dans La Vie des étudiants (Œuvres, I) : "Dans sa fonction créatrice le monde estudiantin devrait être considéré comme le grand transformateur qui, en les situant dans une perspective philosophique, aurait à transformer en questions scientifiques ces idées neuves qui généralement surgissent plus tôt dans l’art et dans la vie sociale que dans la science."

Placée à cette double enseigne, la première livraison d’Université chilienne nous offre un petit dossier sans précédent sur la poésie komie, quelques lignes de réappropriation patrimoniale et surtout un trio d’écrivains de premier plan – à qui, de surcroît, il a été demandé dessin, photomontages ou graphique. Charles Pennequin ouvre la route en appuyant sur la gâchette, faisant exploser "les culs serrés dans l’époque" pour "faire marcher" le réel – le mettre au pas. Cet Agencement Répétitif Déton(n)ant (ARD) délivre une vue saisissante du gâché de l’époque. À coups d’homophonies et de mots-valises, pour sa part, alors que les psys castrent, que les professeurs tombent dans la penchiée et que règne la poézigounette, Jérôme Bertin redonne vie à celui "qui lavera l’affront / des derniers de la crasse" : Antonin Artaud. Enfin, Sylvain Courtoux nous confie deux extraits de sa future autopoéfiction stilnoxienne, "combinatoire baroque" qui présente et une éthique et une esthétique inédites. Le stinox comme objet ambivalent, à la fois vecteur d’intégration et de marginalisation, voire de désintégration – comme catalyseur/révélateur poétique, dramatique et satirique…

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Fabrice Thumerel

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