[Chronique] Gilbert Lascaut et Denis Pouppeville, Les Fumeuses fatales, par Jean-Paul Gavard-Perret

[Chronique] Gilbert Lascaut et Denis Pouppeville, Les Fumeuses fatales, par Jean-Paul Gavard-Perret

avril 18, 2016
in Category: chroniques, Livres reçus, UNE
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[Chronique] Gilbert Lascaut et Denis Pouppeville, Les Fumeuses fatales, par Jean-Paul Gavard-Perret

Gilbert Lascault & Denis Pouppeville, Les Fumeuses fatales, Editions Fata Morgana, Frontfroide le Haut, 2016, 56 pages, 12 €, ISBN : 978-2-85194-956-1.

Nous voici presque malgré nous ramenés par Lascault et Pouppeville à un espace de la déposition s’agissant du corps en tant qu’objet de perte et de résurrection. Le secret vient une fois de plus affirmer son autorité dans le lit des fées de la légende arthurienne dont il ne reste toutefois plus grand chose… Pareilles au jeune Igitur de Mallarmé descendant dans “ le caveau des siens ” les voici s’introduisant dans la couche où  leur  “ moi pur ” veut se confondre avec celui d’un seul amant. Le trio est donc infernal. Les fées n’ont rien de Princesses au bois dormant. Celui de l’amant brûle de leurs feux.

Inspirée par les caricatures et l’univers de Pouppeville, la fable ne caresse aucune morale. Sinon celle qui consisterait à se demander si pour l’amant celui où il est venu se coucher était le bon. Avec ses bonnes (du moins en apparence) fées il est – devant leurs bijoux – ravi. Mais qui  est présent à l’heure dite ? Qui fausse les cartes ? Car dès la première vision il s’agit d’une question d’ensevelissement sinon de prise. La question de l’être reste celle du mystère, du secret, comme lorsque le phallus s’enfonce et joue dans la crypte ouverte, faisant du vide un plein et de trois amants des gisants de l’apparentement.

A partir de là le voyeur croit voir le jour. Mais les fantasmes espérés ne sont pas au rendez-vous. L’espace  est obscur en sa clarté.  Le voyeur est là où les ombres passent et disparaissent. Comme un animal il cherche une cachette au moment où les fées gémellaires ouvrent un autre tombeau que celui de leur couche pour que le « troisième homme » tombe dedans. Car – comme dans tout conte – il faut que ça saigne : après une partie de six jambons les « grincesses » se muent en charcutières.

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rédaction

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