[News] Libr-Kaléidoscope 2010-2011... (4)

[News] Libr-Kaléidoscope 2010-2011… (4)

janvier 2, 2011
in Category: News, UNE
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En cette année que l’on voudrait nouvelle – que l’on s’évertuera à rendre nouvelle ?! –, il ne s’agira toujours pas de s’incliner devant l’autel de la Positivité… Bien au contraire, LIBR-CRITIQUE lancera dans les semaines à venir un work in progress sur la "subversion"… Dans l’immédiat, après le clin d’œil du caricaturiste Joël Heirman (son blog), on découvrira les événements et les livres attendus en ce début 2011 (à vos agendas !) : Annie ERNAUX, DATABAZ, 10e anniversaire de Remue.net ; Jean-Paul CURNIER, Jean-Michel ESPITALLIER, TINA n° 7, Stewart HOME, Anselm JAPPE, Pierandrea AMATO, Valère NOVARINA, Marc AUGÉ…

Le dessin de Joël Heirman

L’état de ce triste sire s’explique-t-il par une maladie que, dans son dernier livre paru chez P.O.L il y a un mois (Le Noyau de toute chose), Hubert Lucot appelle "sarkose" ?

Libr-événements

Annie ERNAUX : Alors que se prépare le colloque de Cerisy sur son œuvre qui aura lieu en juillet 2012, et avant que ne paraisse l’été prochain – autre signe de consécration – un volume synthétique dans la collection "Quarto" (Gallimard), signalons la sortie le 3 mars 2011 de L’Autre Fille (Nil/Laffont) et la création par Jean-Michel Rivinoff de L’Immigrée de l’intérieur, spectacle d’une heure trente environ qui – du 12 au 19 janvier 2011 – offre un fil rouge pour cerner l’œuvre comme la figure "Annie Ernaux" (Centre Dramatique National d’Orléans).

DATABAZ (Philippe Boisnard et Hortense Gautier) : 100, rue de Gond 16000 Angoulême.

* Du 2 au 9 janvier 2011 : résidence Lucille Calmel. Travail entre écriture et possession/dépossession de l’ordinateur et du corps les mois et pensees a` l,oeuvre me conduisent de plus en plus a` performer un hors numerique (peutetre un retour aux sources, peuetre un challenge personnel -que puis je dire faire aujourdhui sans, peutetre un aller ailleurs, que devient le corps sans le portable en prolongement.

 

* [8 janvier 2011] PERFORMANCES / ARTS NUMÉRIQUES SOIRÉE PERFORMANCES / ARTS NUMÉRIQUES __ samedi 8 janvier 2011 – 20h30 – entrée libre // Lucille Calmel / DEMOLECULARISATION (J. & J.-F. Blanquet) / Nicolas Maigret /// video / données / distorsions / mots / larsen / corps / vibrations / poésie / feedback / matière numérique / déflagrations sonores …

Rappel : 15 janvier, 15H-22H, 10e Anniversaire de Remue.net !

Livres attendus (liste non close)

[Toutes les présentations sont celles fournies par les éditeurs].

AL DANTE : en janvier.
* Jean-Paul CURNIER, Vingt et un tours de la question, 120 pages, 15 €. Ce livre est composé de 21 chapitres, chaque chapitre se présentant comme la retranscription d’une émission de radio qui aurait un invité d’honneur, expert en des sujets aussi différents que l’art dans la vie, la raréfaction de l’eau, la cigarette, comment sympathiser avec son voisin, etc. Attention, parmi ses fictions, une des retranscription est vraie… Avec un humour grinçant et décapant, Jean-Paul Curnier s’amuse de la notion d’expert, nouvelle forme de perversion propragandiste.

* Jean-Michel ESPITALLIER, Cent quarante-huit propositions sur la vie & la mort et autres petits traités, 96 pages, 13 €. Cet ouvrage regroupe 4 traités – c’est en tout cas ainsi que ce livre se présente. Mais comme toujours chez Jean-Michel Espitallier, ce qui semble simple se complique très vite jusqu’à l’étourdissement, la logique s’embrouille jusqu’au délire, le sérieux s’ouvre souvent au burlesque. "… si la mort, qui est tout ce qui n’existe plus, n’existait plus, tout ce qui n’existe plus existerait encore, et la non-existence de ce qui n’existe plus n’existerait plus. Mais en n’existant plus, la mort ne pourrait faire exister ce qui n’existe plus et sa non-existence ferait ne pas exister la non-existence de ce qui a existé. La mort ne peut donc exister qu’en faisant exister ce qui n’existe plus. D’où nous déduirons que c’est parce que ce qui a existé n’existe plus que la mort existe…"
Ici, se creuse jusqu’à l’absurde la notion même… de logique.

Editions è®e: premier trimestre 2011.
* TINA, n° 7 : "L’argent", 224 pages, 15 €, février 2011.

* Stewart HOME, Rites sanglants de la bourgeoisie, coll. "Littérature étrangè®e, 128 pages, 13 €, mars 2011. C’est une narration toxique et virale. Le cadre principal (l’organisation d’une exposition au MoMA de Londres sur la littérature abstraite) est le moyen pour Stewart Home de questionner la place des femmes dans le milieu de l’art et d’interroger le fonctionnement des institutions culturelles. L’auteur s’infiltre dans la narration par mails et par spams porno/féministes interposés, lieux d’un échange déséquilibré entre le Time Server et The Suicide Kid, "un charmant transsexuel fétichiste du pied".

Rites sanglants de la bourgeoisie est une fiction drôle et provocatrice sur le milieu de l’art contemporain et la place de la femme au sein de celui-ci. Portée par le ton ravageur de Stewart Home, la narration syncopée est l’occasion pour l’auteur de jouer sur différents niveaux de discours et de mettre en place des situations cocasses toujours en prise avec le réel, illustrant ainsi sa vision d’un monde contemporain possédant tous les attraits d’une farce amère.

Editions LIGNES : en janvier.

* Pierandrea Amato, LA RÉVOLTE. Traduit de l’italien par Luca Salza.
La figure de la révolte suscite la méfiance. On lui préfère généralement celle de la révolution. Pour Pierandrea Amato, la révolte constitue au contraire le présupposé ultra-politique de toute politique véritable, parce qu’elle est inscrite dans l’existence de chacun : "la révolte, affirme-t-il en effet, est un événement qui manifeste une inclination fondamentale de l’existence humaine." La Révolte est une analyse philosophique des révoltes métropolitaines qui, avec la fin du monde bipolaire, ravagent sans trève les alchimies du pouvoir global. Une analyse qui se développe en présentant une série de matériaux au travers desquels la révolte n’apparaît pas simplement comme un mouvement insurrectionnel hostile à tout pouvoir constitué et aux formes organisées de révolution politique. La thèse est ici plus radicale : la révolte est un événement qui manifeste une inclination fondamentale de l’existence humaine.

Dans la perspective entrouverte par le lien entre la politique et l’existence, et à l’ombre d’un démon classique de la philosophie (l’ambition d’intégrer la théorie et la praxis), La Révolte est né avec l’intention de démontrer que les mouvements urbains capables d’inquiéter le pouvoir global des dernières années (songeons aux révoltes de Los Angeles, Gênes, Athènes et en particulier à celles des banlieues parisiennes) ne sont pas, comme on le considère généralement, des formes violentes d’antipolitique, mais qu’elles constituent au contraire la sédimentation d’un événement politique capable de provoquer la rupture des formes qui nous gouvernent.

* Anselm Jappe, CRÉDIT À MORT. La décomposition du capitalisme et ses critiques.
"La seule chance est celle de sortir du capitalisme industriel et de ses fondements, c’est-à-dire de la marchandise et de son fétichisme, de la valeur, de l’argent, du marché, de l’état, de la concurrence, de la Nation, du patriarcat, du travail et du narcissisme, au lieu de les aménager, de s’en emparer, de les améliorer ou de s’en servir." (A. Jappe). La crise mondiale du crédit survenue à l’automne 2008 aurait conforté la théorie marxiste orthodoxe d’une crise tendancielle du capitalisme  : ce dernier porterait en germe sa propre faillite. Les tenants de la "critique de la valeur" ne se satisfont pas de cette théorie, pas plus qu’ils ne se réjouissent véritablement de sa récente et apparente vérification. Car ainsi que l’expose ici Anselm Jappe, la question théorique principale doit demeurer celle de l’émancipation sociale. Or, jusqu’à preuve du contraire, la crise financière mondiale n’a nullement contribué à son progrès.

POL : Valère NOVARINA (site) en janvier. [Sur son dernier essai, Devant la parole : ici].

* Le Babil des classes dangereuses. "Boucan animal, concert des tuyaux. Bal, poussée des chars, tout le monde qui roule, monte au poteau. A ceux qui creusent, qui poussent sans fin, brandissent l’outil, Bouche et Oreille répètent toujours : le Babil des classes dangereuses, faut qu’il cesse ! Au repas les paroles ! Au concert les museaux ! Muséum des nourritures, des maladies dans la parole et des repas des animaux. Antipodistes et hommes-canons, record des morts et course en trou. Entrée du défilé par la sortie. Gendrée du perpétuel des morts, dialogue des matières, musée des mixtures. Chute de l’épisode de reproduction en cours. Encore pire ! Au moteur métronomique ! A la machine à réciter la suite ! Allegro perpétuel. Les langues luttent dans les postures. Bouche et Oreille reviennent toujours, faire le refrain, remettre au pas, conduire au point et asphyxier. Chaîne de résurrection. A reculons, dans la représentation continue, le numéro le plus difficile du monde, des mots horribles, sonoribus, l’homme portant rythmus, le cœur son métronon."

* Le Vrai sang (sur Novarina à l’Odéon : ici). Le modèle secret est peut-être Faust – non celui de Goethe – mais un Faust forain vu enfant à Thonon dans les années cinquante, joué entre deux airs de Bourvil par Gugusse, le "célèbre clown de la Loterie Pierrot". Faust-Gugusse prétendait que toute notre vie avait lieu "en temps de carnaval", puisque le finale en était un "adieu à la chair" ; Mme Albertine, sa comparse dans le public, lui lançait, en trois mots, de prendre ça comme un don, une offrande : et elle lui proposait toutes les quatre minutes de jouer sa vie aux dés… J’essaye de reconstituer l’ordre des scènes de cette pièce vue enfant … Le Vrai sang est un drame forain, un théâtre de carnaval, en ce sens que les acteurs, d’un même mouvement… incarnent et quittent la chair, sortent d’homme, deviennent des figures qui passent sur les murs, des traces peintes d’animaux, des empreintes, des signaux humains épars, lancés, disséminés : des anthropoglyphes."

Seuil : parutions le 6 janvier.

* Marc AUGÉ, Où est passé l’avenir ? Depuis quelques siècles, le temps était porteur d’espérance. On attendait ainsi de l’avenir apaisement, évolution, maturation, progrès, croissance ? ou révolution. Ce n’est plus le cas. L’avenir a pratiquement disparu.
Un présent immobile s’est abattu sur le monde, défaisant l’horizon de l’histoire comme les repères des générations.
D’où provient cette éclipse ? Pourquoi l’avenir s’est-il évanoui, dans les consciences individuelles comme dans les représentations collectives ? Existe-t-il des remèdes, des issues de secours ? Pour répondre, Marc Augé scrute, avec précision et clarté, les dimensions multiples de la mondialisation, notamment ses aspects politiques, scientifiques, symboliques. Il indique les cause de notre crise de la temporalité, et propose une solution d’espoir.

* Marc AUGÉ, Journal d’un SDF. "La perte du lieu, c’est comme la perte d’un autre, du dernier autre, du fantôme qui vous accueille chez vous lorsque vous rentrez seul. "Il suffit d’avoir déménagé une ou deux fois dans sa vie pour pouvoir imaginer sans trop de mal les effets destructeurs qu’entraîne la perte des repères spatio-temporels. Ce n’est plus seulement la psychologie qui est en cause dans la situation des sans-logis, mais directement le sens de la relation, de l’identité et de l’être. Candide ou le Persan de Montesquieu étaient des personnages d’ethnofiction, mais ils regardaient le monde pour s’en étonner. C’est en se regardant lui-même, aujourd’hui, que le personnage d’ethnofiction découvre la folie du monde.

* Collectif, Tous dans la rue. Des millions de personnes dans la rue, à plusieurs reprises, deux tiers de l’opinion publique acquise, des blocages et des grèves dans tout le pays… L’automne 2010 a vu croître un des plus impressionnants mouvements sociaux depuis Mai 68. La raison d’un tel mécontentement populaire ? La dernière en date des réformes néolibérales conduites par Nicolas Sarkozy. Mais peut-être pas seulement…
Comment analyser ce mouvement ? Quelles traces laissera-t-il dans la société et la politique françaises ? Ouvre-t-il – après les grandes grèves de décembre 1995 et la mobilisation contre le CPE en 2006 – une nouvelle séquence politique et sociales ?
Ce livre collectif s’efforce de répondre à ces questions. A travers des textes ou des entretiens, une douzaine de chercheurs en sciences sociales tentent "à chaud" de resituer ce mouvement dans une perspective longue, celles des luttes sociales et des mouvements de contestation du néolibéralisme, de la dégradation continue des conditions de travail et du désarroi croissant de la jeunesse. Ils montrent que les politiques néolibérales conduites en France et en Europe depuis plus de vingt ans ont peut-être atteint leur seuil de tolérance.
Avec des contributions de Christophe Aguiton, Robert Castel, Pierre Dardot, Bastien François, Christian Laval, Arnaud Lechevalier, Frédéric Lordon, Lilian Mathieu, Camille Peugny, Emmanuel Renault, Yves Sintomer et Alain Supiot. Et une préface de Gérard Mordillat.

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rédaction

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