[Revue] Université chilienne, n° 2

[Revue] Université chilienne, n° 2

octobre 8, 2010
in Category: chroniques, Livres reçus, UNE
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Université chilienne, revue trimestrielle publiée par les éditions Nicanor Sensini (10, rue Aristide Briand 87350 Panazol), n° 2, automne 2010, 64 pages, 14 €, ISBN : 978-2-36238-000-6. [chronique sur le n° 1]

Quoique moins dense que le premier, ce deuxième numéro mérite l’attention : on y retrouve la qualité matérique (papier glacé, superbes reproductions en couleurs, couverture renversante au design hypermoderne), esthétique et intellectuelle, mais également le sésame de la revue que constitue la phrase de Joë Bousquet citée en exergue. [À se procurer dès que possible dans certaines librairies ou par commande : contact@universitechilienne.fr].

"Tu es fait pour la colère, écris dans la colère, pour l’ironie, écris dans l’ironie.
Tu veux être ton temps, pousse jusqu’à l’acte ce qu’il te fait ressentir. Plus l’acte sera profond et inavouable, plus il sera une invention fidèle" (Joë Bousquet).

Tout en méditant sur la phrase de Wittgenstein : "Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde", ou sur celle extraite du fameux Dictionnaire des idées reçues de Flaubert ("Romans. Pervertissent les masses" – quels romans produisent de tels effets aujourd’hui ?), les libr-lecteurs pourront se laisser griser par quelques fulgurations lyriques (deux poètes estoniens) ou captiver par des photos assez inédites du Brésil comme par les dessins et photomontages de Lucille d’Autriche et de Sylvain Courtoux. Lequel, on ne s’en étonnera guère, ne peut que s’intéresser à l’étude de Monsieur D. sur une dystopie cinématographique, Logan’s Run / L’Âge de cristal de Michael Anderson (USA, 1976), qui "demeure à ce jour la seule illustration au cinéma d’une société futuriste asservie par sa soif de plaisir et de consommation" (p. 57).

Arrêtons-nous sur ce que Sandra Moussempès entend par "fonction Derrick" : un décalage ton/son qui laisse "une place pour la rêverie et la transposition libre des sensations" (p. 15)… Postmoderne, la poète-performeuse-photographe ne craint pas de mêler références populaires et références savantes pour nous livrer ses réflexions sur des pratiques transartistiques qu’elle veut dissonantes et stillisées (au sens où elle recherche jusqu’au vertige l’ek-stase dans des silences et des images figés).

Pour Antoine Parat et Laurent Planche, la revue est bel et bien un bric-à-brac qui vise à "repousser les frontières culturelles", "faire revivre des voix du passé", "explorer les marges", donner carte blanche aux "créateurs d’univers, travailleurs de la langue, défenseurs de la liberté de ton, pourfendeurs des morales vulgaires"…

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Fabrice Thumerel

Critique et chercheur international spécialisé dans le contemporain (littérature et sciences humaines).

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